samedi 23 décembre 2017

1669. HORN (Georg) - Orbis Politicus Imperiorum...


HORN (Georg).

Georgi Horni Orbis Politicus Imperiorum, Regnorum, Principatuum, Rerum publicarum Cum Memorabilium Historicis & Geographia veteri ac recenti. Editio tertia auctior & Emendatior.

Wesel, Hoogenhuysen, 1669.
[Vesaliæ, / Typis Andreæ ab Hoogenhuysen / Typogr. Ord. / Anno cIɔ Iɔ C LXIX.]

In-12 plein vélin à couture apparente et petits rabats, dos lisse titré à la plume, tranches japées, [1 (titre avec une vignette gravée)], [1 bl.], [19], [1 bl.], 138, 118, 146, 87, [1], [25], [1 bl.] p., le titre gravé manque, ex-libris manuscrit de Nocolas Dubois à la page de garde et ex-libris de l'avocat montois Letellier collé au premier contreplat, bel exemplaire.

   Georg Horn (Greussen, 1620 - Leyde, 1670), étudia dans sa ville natale de la principauté de Schwarzburg-Sonderhausen qu'il dut quitter pour la Hollande à cause de la guerre. Il devint précepteur en Grande-Bretagne avant d'être rappelé en Hollande où il fut professeur d'abord à Harderwick puis à Leyde. Il se fit notamment connaître pour une fameuse dispute qui l'opposa à Isaac Voss sur l'âge du monde.

   L'ouvrage présenté ici dont la première édition fut publiée deux années avant celle présentée ici, est divisé en quatre parties :
   - Omnium Imperiorum, Regnorum, Rerumpublicarum, quæ hodie per totum Mundum florent, qui traite des grandes puissances depuis le début des temps modernes.
   - Pricipatus et Dominia orbis terrarum, qui traite des Principautés ecclésiastiques et des petites puissances.
   - Memorabilia totus Mundi ab Orbe conditio ad nostra tempora, dans laquelle il est question des grands événements historiques de la Genèse aux temps modernes.
   - Geographiam veterem & recentem, qui est un traité de géographie ancienne et moderne.

Bibliographie :
   - Willems, Annexes aux Elzevier, n° 1772.
   - Fueter (Eduard), Histoire de l'historiographie moderne, p. 230.
   - Graesse (Jean George Théodore), Trésor des livres rares et précieux, t. III, p. 370.
   - Hœfer (Jean-Chrétien-Ferdinand), Nouvelle biographie générale, t. XXV, col. 179-180.



75 euros (code de commande : 26314).





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vendredi 22 décembre 2017

1923. CLOUZOT (Henri) et LEVEL (André) — Sculptures africaines et océaniennes.


CLOUZOT (Henri) et LEVEL (André).

Sculptures africaines et océaniennes. Colonies françaises et Congo belge.

Paris, Librairie de France, [1923].

In-4° broché, 24 p., LX planches, exemplaire en bel état, rare.

Extrait :   L'Exposition de l'Art Indigène des Colonies françaises d'Afrique et d'Océanle et du Congo belge, organisée en octobre 1923 au Pavillon de Marsan par l'Union Centrale des Arts décoratifs, a été significative et variée.
   Les prêts consentis par le Musée ethnographique du Trocadéro, parles Offices administratifs, par les personnalités coloniales, par les artistes et les amateurs ont permis de rassembler, pour la première fois, une ample collection d'œuvres et spécialement de sculptures anciennes, offrant au public une large documentation sur l'art des Noirs et l'art Océanien.
   Il serait injuste de ne point rappeler ici l'exposition de 1919 à la Galerie Devambez qui commença, avec des moyens forcément restreints, à attirer l'attention sur des arts trop longtemps confinés dans les musées ethnographiques et les vitrines de quelques rares spécialistes, dont le nombre, depuis, s'est notablement accru. Intéressante pour les initiés, elle devait, conformément à une loi inéluctable d'accommodation, faire sourire visiteurs et critiques et préluder, par ce rite initial régulier, à la belle manifestation du Musée des Arts décoratifs, où les objets étaient groupés non plus par collections d'amateurs, mais suivant un classement géographique propice à de fructueuses comparaisons.
   Cette fois, les nombreux articles publiés par les journaux ou les revues et la curiosité témoignée par les simples visiteurs ont prouvé que le public était mûr pour apprécier la nouvelle matière d'art qui lui était soumise. Devant ces œuvres d'un bel accent ou d'un grand caractère, sa première impression a été, notons-le, la surprise. Trop habitué à considérer les progrès industriels comme la marque de la valeur d'un peuple, il a été étonné de constater que le haut intérêt des productions des Noirs dans les arts plastiques tenait précisément à ce que leur retard, leur nullité même, on peut dire, au point de vue de l'organisation industrielle leur a fait conserver longtemps la pureté de leurs traditions et les dons qui leur permettaient de les faire valoir. Pas de division du travail, ni de procédés mécaniques desséchants. Mais l'art était vivifié par les croyances et la nature vue avec des yeux d'enfant pour qui rien n'est inanimé. Ainsi chaque artisan ouvrait, dans la tradition, avec sa ferveur personnelle et le temps ne comptait pas pour lui.
   Est-ce à dire cependant que les visiteurs et les critiques aient admis d'emblée les divers modes d'expression des artistes et des artisans indigènes ? Séduits par l'imprévu, la beauté, le métier parfait des masques et des objets d'usage, certains ont continué à écarter comme repoussants, sans vouloir les examiner, les idoles, disons le mot : les fétiches, œuvres plus ardues, mais parfois plus hautes, plus significatives encore. Accordons-leur un nouveau crédit. Ils les apprécieront à la prochaine Exposition internationale coloniale.



65 euros (code de commande : 26310).


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jeudi 21 décembre 2017

1581-1599. HOGENBERG (Frans) - Mons. Mons, Hannoniæ urbs potens & ampla.

 HOGENBERG (Frans)

Mons. Mons, Hannoniæ urbs potens & ampla, a Carolo Magno Metropolitano muneze et cæsaris privilegijs donata, Trullaflu. allvitur, propugnaculis, et natura loci, munitissima, Gens humana & opulenta, Saginariæ negotiationi dedita.

   
Plan gravé par Frans Hogenberg extrait de l'ouvrage de Georg Braun et Frans Hogenberg, Urbium præcipuarum totius mundi (planche 24 d'une des éditions latines de Cologne de 1581 ou 1588 chez Kempensis ou 1599 chez Buchholtz).

   Gravure sous encadrement moderne de loupe d'orme.





Dimensions :
- Image : 461 x 345 mm.
- Cuvette : 464 x 348 mm.
- Feuille : 518 x 391 mm.
- Cadre : 690 x 575 mm.


Texte latin (53 lignes), avec la lettrine au décor de feuillage.
Filigrane à la crosse de Bâle.

Bibliographie :
   - Gobeaux (Christine), Mons au XVIe siècle. Catalogue descriptif des vues, plans et sièges, dans Annales du Cercle archéologique de Mons, t. 81, pp. 396-410.



Vendu.


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mercredi 20 décembre 2017

1921.TILLIER (Claude) - Belle-Plante et Cornélius.


TILLIER (Claude).

Belle-Plante et Cornélius.
Bois gravés par Deslignères.

Paris, Mornay, 1921.

In-8° broché, XXXVII, 288 p., (collection « Les Beaux Livres », n° 7), exemplaire numéroté sur Rives (n° 132), très bon exemplaire.

   Le roman est précédé du texte du discours prononcé par Jules Renard à l'inauguration du buste de Claude Tillier, à Clamecy, le 17 septembre 1905.


Extrait du Dictionnaire des œuvres :

    Petit roman de mœurs provinciales, à intentions philosophiques, publié en 1841 [...]. Les héros sont deux frères, héritiers d'un riche hobereau de campagne, qui crut pourvoir à leur éducation en les confiant à un maître, charlatan et Ivrogne. L'un, Belle-Plante, est avide, avare jusqu'à la ladrerie et fermé à tout appel du sentiment : il ne songe qu'à accumuler de l'argent, à dépouiller son frère ou toute autre personne quand il en a l'occasion. L'autre, Cornélius, est exactement l'opposé : généreux, rêveur, adonné à des études philosophiques, il dépense le peu qu'il possède en expériences utopiques et en générosités irréfléchies. Aidé de Louise, bonne et pleine de bons sens, il mène à bien son invention : un aérostat dirigeable, qui devra lui procurer la richesse et grâce auquel il obtiendra pour son mariage avec Louise, le consentement, tant souhaité, du père de la jeune fille. Tout le monde s'oppose à ce mariage ; depuis Belle-Plante qui convoite la dot de la jeune fille, jusqu'au curé qui professe pour elle une admiration qui n'a rien d'innocent, alors qu'il nourrit une haine inexorable pour Cornélius libre-penseur. Pendant que Cornélius essaie son aérostat, un coup de fusil tiré par le curé troue l'appareil, et le pauvre rêveur disparaît sans retour dans le ciel. Par le ton du récit qui se tient entre le pathétique et l'humoristique, par l'anticléricalisme et les préoccupations sociales dont fait preuve l'auteur, cette œuvre rappelle les écrits de Voltaire et de Diderot. La langue et le style sont parfaits. Sans doute y a-t-il dans le personnage de Cornélius un peu de l'auteur lui-même qui, soldat, écrivain et maître d'école, mena précisément dans le village où se passe le récit, une vie de travail et de luttes ingrates pour la justice et le progrès.

Bibliographie :
   - Laffont-Bompiani, Dictionnaire des œuvres, t. I, p. 433.




45 euros (code de commande : 26278).


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mardi 19 décembre 2017

1809. LIGNE (Charles-Joseph-Lamoral de) - Œuvres choisies, littéraires, historiques et militaires


[LIGNE (Charles-Joseph-Lamoral de)].

Œuvres choisies, littéraires, historiques et militaires du Maréchal Prince de Ligne ; Contenant Des Mémoires sur la Pologne, les Juifs, les Bohémiens, etc. ; – les Armées Françaises, Russes et Autrichiennes ; – des Fantaisies Militaires ; – le Portrait de Catherine II ; – les Portraits et les Caractères des grands Généraux de la Guerre de trente ans ; – des Pièces inédites sur le Comte et Bacha de Bonneval ; Un Choix de Pensées et Maximes ; – des Mélanges de Morale, de Littérature ; – des Portraits, Lettres et Bons Mots ; – des Anecdotes sur la Cour de France, la Reine Marie-Antoinette, le Duc d'Orléans, et beaucoup d'autres Personnages célèbres dans le monde politique et littéraire des XVIIIe et XIXe Siècles : Précédées de quelques Détails Biographiques sur le Prince de Ligne, et publiées par un de ses amis.

Tomes I et II (complet).

Genève, Paschoud, 1809.
[A Genève, / Chez J. J. Paschoud, Imprimeur et Libraire ; / Et à Paris, chez F. Buisson, Libraire, Rue Gilles-Cœur, n° 10. / 1809.] 

Deux volumes in-8° demi-veau brun à coins, dos lisses décorés de motifs dorés, plats recouverts de papier dominoté, tranches mouchetées, reliures frottées avec deux petits manques à la queue du tome I et la coiffe du tome II abîmée, tome I t. I : [3 (faux-titre, mention d'imprimeur, titre)], [1 bl.], XXII, [1 bl.], [1 (errata)], 416 p., t. II : [3 (faux-titre, mention d'imprimeur, titre)], [1 bl.],422 p., ouvrage en assez bon état malgré quelques rousseurs. 

Extrait de la bibliographie de Jeroom Vercruysse :
   Le géographe et publiciste danois, exilé en France, Malthe Konrad Bruun (1775-1826) qui avait francisé son nom en Malte-Brun, lança également une anthologie. En 1809 il publia après la sortie de l'anthologie Staël un long article consacré aux Œuvres militaires et mêlées dans le tome VII de ses Annales des voyages de la géographie et de l'histoire (p. 87-111). Il y reviendra la même année encore dans le tome VIII (p. 278-279) avec un nouveau fragment intitulé « Sur le Danube ». Son article était assaisonné, peut-on dire, de quelques remarques critiques qui méritent d'être citées. Au terme d'une série de 17 extraits (qu'il reprendra dans sa propre anthologie) il conclut : « Ces extraits, que nous pourrions sans doute étendre davantage, sans craindre d'ennuyer nos lecteurs, donnent une idée du plaisir qu'offriroit un Choix de Mémoires, d'Anecdotes et de pensées, tiré de trente-un volumes, dont se compose aujourd'hui la collection des œuvres du prince de Ligne [...] Dans les discussions politiques et militaires le prince de Ligne montre un esprit très indépendant de toute sorte de préjugés : après avoir lu ses mémoires sur la Pologne et sur les armées françaises, russes et autrichiennes, il nous a paru plus grand homme d'État que les Lettres et Pensées publiées par Madame de Staël ne nous l'avaient fait présumer. » [...] Il ajoute : « Nous apprenons qu'un homme de lettres, de Genève, se propose de publier un choix semblable sous le titre suivant : Œuvres choisies du Maréchal Prince de Ligne. » Le tout formerait deux volumes in 8° brochés vendus à Paris au prix de 9 francs, et à 11,50 francs pour les envois par la poste. La nouvelle anthologie éditée par J.J. Paschoud et F. Buisson serait mise en vente au 5 avril « prochain ». Cette annonce fut relayée par le journal bruxellois L'oracle du 12 mars 1809, qui signale le 7 avril que les volumes sont en vente à Paris depuis le 4 – deux jours après la sortie de l'anthologie Propiac – et quatre jours plus tard, le journal annonce leur mise en vente à Bruxelles. Le Journal général de la littérature de France le mentionne avec les mêmes prix dans son 3ième cahier de l'année. L'allusion à un « Genevois » n'était peut-être qu'une fiction commerciale. Bruun ne négligea aucun détail pour attirer le public, autant par l'intitulé de son édition, que par le choix du préfacier, le chevalier (et futur marquis) Stanislas Jean de Boufflers (1738-1815), ami intime du prince de Ligne, et par le choix des extraits. Ceux-ci furent pour la plupart pourvus de titres de sa façon, et partant fictifs, afin d'aiguiser davantage la curiosité du lecteur : le cas est particulièrement typique pour les textes rassemblés sous le titre Mes écarts, de Mélanges de morale et de littérature et d'Anecdotes littéraires et autres dans le tome II. Il ne répéta cependant pas la faute de Propiac puisqu'il cita ses sources, les Œuvres mêlées et les Œuvres militaires (à deux exceptions près : Mes écarts, Mémoire sur Paris). Il ajouta des notes critiques pour quelques personnages et flatteuses pour le régime impérial. Bruun annonçait en outre : « Si ces Deux Volumes obtiennent les suffrages du Public, ils pourront être suivis d'un Troisième et dernier, qui contiendra le Coup d'œil sur les Jardins les plus célèbres de l'Europe et des Mélanges littéraires.  Une amorce fut lancée dans le tome VIII de ses Annales en publiant sans références « Sur le Danube ; par le Maréchal prince de Ligne, précisant en note : « Ce passage ne se trouve point dans les Œuvres choisies du prince de Ligne. » Ce troisième volume ne vit pas le jour.
   La préface de Boufflers ne manquait pas, elle non plus, de remarques critiques : elle insiste [...] sur le fait que le contenu est entièrement différent de celui des Lettres et pensées ; la collection des Mélanges Walther « renferme beaucoup de morceaux spirituels, agréables et piquants que Madame de Staël-Holstein n'a pas admis dans le volume qu'elle a publié, soit que l'étendue de son Recueil n'en permît point l'insertion, soit que la timidité et la pudeur de son sexe lui interdît d'attacher son nom à des peintures quelquefois un peu libres et un peu satyriques « ; on s'est « fait la loi de ne rien répéter de ce qui se trouve dans les Lettres et Pensées ». En outre cette préface nourrie de traits et d'anecdotes que seul un intime du prince pouvait connaître à l'époque, ne manque pas ci et là d'arrondir des angles de quelques propos hardis.
   D'après Quérard « Le prince de Ligne très mécontent de cette édition, voulait en faire imprimer une autre lui-même, mais la mort ne lui permit pas de réaliser ce projet. » Les « extraits » de Bruun justifient parfaitement ce mécontentement. Plus encore que ceux de Propiac ils offrent un extraordinaire brouillamini en dépit des « références », et qui en fin de compte rend de plus mauvais services que la publication hâtive d'un texte complet. L'anthologisme ligniste est devenu à la longue une manie dont les conséquences sont devenues imprévisibles. Qui s'attendrait à trouver des pensées du prince de Ligne aux pages 46 et 61 de Women pro & contra, un petit livre publié par The Peter Pauper Press de Mount Vernon en 1958, du reste joliment illustré par Jeff Hill ?


Bibliographie :
   - Vercruysse (Jeroom), Bibliographie descriptive des écrits du prince de Ligne, pp. 297-301.


Vendu.


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samedi 16 décembre 2017

1972. RAÏNA - Divertimento.


RAÏNA (pseudonyme de Paule Malgaud).

Divertimento ou Naissance et Mort d'un Poème. Suivi de Croco-Dada ou Les CrocArdiles.

Illustré de deux monotypes à la gouache de Raïna ainsi que la gouache de la couverture.

Nice, 1972.

In-12, broché, [76] p., un des 150 exemplaires numérotés sur Blanc de Rives (n° 161), belle dédicace.

Introduction :
   Auteur d'une œuvre abondante, parmi laquelle on retiendra : Les enfants de la lune (1939), Fusains (1942), Prière vénitienne (1948), Les enfants d'Idumée (1960), L'escargot Dada (1970), Divertimento (1972), L'allumeur de réverbère (1975), Ophélie en absurdie (1976), Pantalonnade et Bataclan (1977), Plumetis et Macassar (1978), Erotidie (1981), Raïna tire de l'expérience Dada et de la lecture de Paul Neuhuys un goût particulier pour l'étrange et la dérision.
Le dandysme de la narratrice nous fait rencontrer des êtres légers, falots, à peine entrevus et déjà estompés, vivants mais comme aspirés dans un paysage de luxe où le mouvement des objets est plus révélateur que les troubles du comportement. Le style est élégant, quelquefois elliptique et sollicite l'attention du lecteur par un rien d'afféterie, comme si l'accès à la poésie était seconde à la juste observance des règles d'un jeu social où la vérité des êtres est tout en surface. Raïna nous emmène en Angleterre (Erotidie), à Venise (Les enfants d'Idumée), à Villefranche (Aller-retour) où de l'hôtel à la ville, l'auteur jette un regard de voyageur oisif et amusé sur les rues, les arbres, les courses libres à la cocarde (Les fêtes d'Arles). Apparaît alors une bourgeoise aisée, disponible, qui inspire au poète des considérations légères sur la vie, sur les villes qui « assassinent le poète », sur le temps qui passe. Très rarement, une confidence peut-être plus amère : « J'ai peur d'un tas de gens qui bousculent mon rêve. » Telle est Raïna dans un paysage mondain, attentive à capter les dialogues, soucieuse de l'étrangeté des choses bien plus que de l'ordre apparent du monde, fascinée par la métamorphose d'une jeune fille (Erotidie) comme par la beauté d'un mas provençal ou la ténuité de sa propre marche : « Mes pas/ Dans le sable/ El puis/ Plus rien. » Petits tableaux mondains où le sourire n'est pas absent, pièces généralement courtes où affleure ici et là une certaine gravité. Les mots de couleur sont nombreux, les petites proses suivent des pièces éclatées. Une poésie un peu mince en définitive mais qui vaut davantage par le climat dont s'imprègnent les choses que par l'évocation des choses elles-mêmes, ou de leur destinée.

Bibliographie :

   - Joiret (Michel), Oblique lunaire, dans Lettres françaises de Belgique. Dictionnaire des œuvres. II. La poésie, p. 354.




15 euros (code de commande : 11854).


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jeudi 14 décembre 2017

1892. BLOY (Léon) - Le salut par les Juifs.


BLOY (Léon).

Le salut par les Juifs.

Paris, Demay, 1892.
[Paris. Librairie Adrien Demay. 21, Rue de Châteaudun, 21. 1892.]

I
n-8° (145 ´ 225 mm.) broché sous une couverture parcheminée défraîchie, [4 bl.], [4 (faux-titre, ouvrages du même auteur, titre, droits)], III, [1 bl.], [1 (De profundis)], [1 bl.], [1 (titre)], [1 bl.], 132, [1 bl.], [1 (mention d'imprimeur)], [2 bl.] p., édition originale.

   Dans son journal, à la date du 17 mai 1899, Léon Bloy publie la lettre écrite « À un Belge » dans laquelle il précise :
   « [...] Vous avez été mal renseigné. Le Salut par les Juifs – le plus important de mes livres – n'est pas recherché des bibliophiles. Il en est, au contraire, ignoré ou méprisé profondément, ainsi qu'il convient, et rien n'est plus facile que de se le procurer, quand on sait le moyen et qu'on peut sacrifier 2 ou 3 francs.
   Voici la très-sotte et très-déplorable histoire. Le Salut par les Juifs, édité en 92 par un humble marchand de papier devenu éditeur pour ce seul ouvrage dont il espérait quelque succès, n'en eut aucun. Deux cents exemplaires à peine se vendirent ou furent distribués. Un peu plus tard le commerce de vendeur-commissionnaire pratiqué par mon éditeur ne marchant plus, il se vit forcé d'y renoncer et ne garda que le bouillon de mon livre, huit cents exemplaires environ, comptant qu'un jour il trouverait une occasion de s'en défaire avantageusement. Calcul pas trop bête, mais combien onéreux pour moi ! Écoutez la suite. Adrien Demay, tel est le nom de cet éditeur, est devenu plombier. Il met du zinc sur des maisons, pose des tuyaux de gaz, des robinets, installe des appareils de cabinets d'aisances. Le bouillon du Salut par les Juifs, le seul livre du XIXe siècle où il soit parlé de la Troisième Personne divine, est parmi ces ustensiles depuis environ sept ans. Adrien Demay habite Gentilly, 63, route de Fontainebleau. À défaut d'un acheteur en bloc, il vend volontiers ses exemplaires au détail. Mais que pensez-vous de cette misère ? Un tel livre sorti de mon cœur percé, après des maux inouïs et jeté hors de la circulation, enseveli dans la poussière, au milieu des horribles objets d'un commerce ridicule, sans qu'il soit possible de rêver seulement un millionnaire chrétien qui consentirait à changer cela pour quelques centaines de francs !
   Et factus est sudor ejus sicut guttæ sanguinis decurrentis in terram. »
   La marque d'éditeur imprimée sur la couverture et sur la page de titre a été dessinée par Léon Bloy. Les initiales du nom de l'éditeur étant « A » et « D », Léon Bloy a imaginé de détourner le monogramme utilisé par Albert Durer en l'encadrant de la devise Oblectat spiritus in Trigono.

Bibliographie :
   Léon Bloy, Mon journal, 17 mai 1899, éd. Mercure de France, 1963, p. 291.


Vendu.



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mercredi 13 décembre 2017

1952. APOLLINAIRE (Guillaume) — Le Guetteur mélancolique.


APOLLINAIRE (Guillaume).

Le Guetteur mélancolique. 

Préface d'André Salmon.
Frontispice de Picasso.

Poèmes inédits.

Paris, Gallimard, 1952.

In-12 sous cartonnage illustré d'après la maquette de Paul Bonet, Rhodoïd, 149 p., exemplaire numéroté sur vélin Labeur (n° 1019), en très bel état.



90 euros (code de commande : 22999).


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mercredi 6 décembre 2017

1937. DUMONT (Fernand) - À ciel ouvert.


DUMONT (Fernand, pseudonyme de Fernand Demoustier).

À ciel ouvert. Poèmes.

La Louvière, Édition des Cahiers de Rupture, 1937.

In-8° broché, 62 p.

Édition originale imprimée à cent exemplaires numérotés (n° 75), rousseurs, très rare.

Analyse de René Poupart :
   Ces poèmes constituent, avec La notion de famille (1935), les textes les plus spécifiquement surréalistes qu'ait écrits Fernand Dumont. Surréalistes par l'emploi de « l'écriture automatique ». Admirateur et disciple de Breton, Dumont se devait d'utiliser ce procédé. La notion de famille, texte écrit en 1935 (publication posthume en 1961), avec sa succession audacieusement extravagante d'images, est ce qui coïncide le mieux à l'« automatisme psychique » préconisé par Breton. L'expérience que représente À ciel ouvert est, elle aussi, intéressante. Il s'agit d'une suite de trente et une pièces composée, dès le premier janvier 1937, à raison d'un poème par jour. Comme d'autres écrits de Dumont (La région du cœur), ces poèmes sont autobiographiques : Dumont assignait aux Surréalistes le devoir de relier intimement leur poésie aux événements de leur propre existence. Ainsi les trente et un poèmes sont-ils l'exutoire d'un amour passionné – celui que Dumont éprouve pour celle qui deviendra sa seconde épouse – que le mensonge social l'oblige à dissimuler. Certains détails du poème nous permettent d'ailleurs d'identifier l'inspiratrice de ces poèmes avec la Nébuleuse de La région du cœur : « Et dans l'obscurité / je n'ai plus rien vu d'autre / que ton visage / phosphorescent comme une immense nébuleuse. »
   En somme, l'« automatisme » de l'écriture poétique tient principalement à cette dictée quotidienne des sentiments, qui fait que les vers donnent une impression d'authentique spontanéité. En surréaliste conséquent, Dumont est soucieux de créer des images nouvelles, des associations inattendues mais dotées d'un étonnant pouvoir de suggestion poétique (« par la fenêtre béante des insomnies », / « on écoutera tomber le grésil d'une petite montre »). La femme aimée absente et vers qui le poète aspire de toutes ses fibres, est assimilée à la lumière, symbole du plus haut idéal. Le mot « lumière » est récurrent dans presque toutes les pièces, avec d'autres termes relevant du même champ sémantique (« étoile, nébuleuse, lune ») ou qui lui sont connotativement associés (« aube », par exemple). Autre thématique majeure dans ces poèmes, comme dans toute l'œuvre de Dumont, celle du « silence » (« nous refermerons les fenêtres du silence »), un silence d'une qualité particulière dispensant de tout recours au langage.
   Il faut rattacher à ces trente et un poèmes, une pièce unique et superbe écrite en 1940 et publiée en 1948, La grande nocturne. Ce sont douze strophes brèves de longueur inégale évoquant l'apparition dans la nuit d'un être féminin indéfinissable mais lumineux et comme surnaturel. C'est peut-être la représentation symbolique de la poésie idéale, celle de l'ineffable, cet ineffable qu'exprime sans doute le mot unique de la strophe finale : « silence ».
   Les dernières poésies de Dumont, réunies en 1948 sous le titre La liberté, furent écrites à la prison de Mons en juin 1942. Neuf pièces poignantes dans leur simplicité et qui, par une étonnante coïncidence, furent composées la même année où un autre surréaliste de même orientation idéologique, Paul Eluard, publiait son célèbre poème Liberté. Rencontre révélatrice de deux hautes consciences et de deux sensibilités poétiques aiguës qui ont quelquefois trouvé des formules presque identiques pour parler de la liberté, comme en témoigne le début du poème III de La liberté : « Dans le carré du ciel / qui me reste pour rêver / je vois un doigt de feu calligraphier son nom. »


Bibliographie :
   - Poupart (René), À ciel ouvert, recueil de poèmes de Fernand Dumont, dans Lettres française de Belgique. Dictionnaire des œuvres. II. La poésie, pp. 16-17.



250 euros (code de commande : 26246).


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lundi 4 décembre 2017

1932. TILLIER (Claude) - Mon Oncle Benjamin.


TILLIER (Claude)

Mon Oncle Benjamin.

Illustrations de Roméo Dumoulin.

Bruxelles, Éditions du Nord, 1932.

In-8° broché, 288 p., 60 illustrations en couleurs (1 vignette, 21 grandes lettrines, 14 culs-de-lampe, 22 à pleine page et deux illustrations de couverture), (collection « Les Gloires Littéraires », n° 15), exemplaire numéroté sur vélin Allura (n° 208).

Extrait du Dictionnaire des œuvres :
   Ce roman humoristique de Claude Tillier (1801-1844), paru en 1843, est le récit savoureux des faits et gestes d'un pittoresque personnage qui nous est présenté comme le grand oncle de l'auteur, frère de sa grand'mère l'excellent Benjamin Rathery. L'oncle Benjamin, docteur en médecine, incorrigible bon vivant, professe et met en pratique une aimable philosophie épicurienne, considérant avec une indulgence sereine le train du monde, du haut de sa gigantesque personne. Les entreprises burlesques de cette mauvaise tète au cœur d'or, ses discours spirituels, semés de paradoxes étincelants, ses aventures pittoresques forment la véritable matière du roman, dont l'intrigue est des plus minces. Au cours d'une vie si joyeusement menée, le bon Benjamin a contracté de nombreuses dettes ; aussi sa sœur songe-t-elle à le tirer d'affaire en lui cherchant une épouse. Son choix tombe sur la fille de M. Minxit, un riche médecin des environs. Benjamin finit par consentir à ce projet, mais chaque fois qu'il se met en route pour aller visiter les Minxit, il trouve toujours sur son chemin des obstacles qui l'empêchent de parvenir jusqu'à leur maison. C'est ainsi qu'un jour, parti avec sa sœur qui veut le conduire à bon port, il est surpris par un orage et doit chercher avec elle un abri dans l'auberge de la belle Manette, son amie : il rassemble la population sur la place du village en se faisant passer pour le Juif errant, accomplit un miracle, et revient glorieusement dans sa ville, en compagnie de sa sœur qui ne peut s'empêcher d'être fière de lui. Une autre fois, le juge de paix auprès duquel il est cité pour dettes le condamne à la prison, malgré une défense aussi brillante qu'impertinente, trop heureux de châtier en lui un représentant de ces dangereuses idées d'égalité et de justice qui commençaient alors a se répandre dans la France de Louis XV. Parvenu enfin à la demeure du docteur Minxit, Benjamin fait aussitôt la conquête de son futur beau-père qui est un homme de sa trempe, mais ne réussit pas à se faire aimer de la fille, déjà courtisée par un noble, M. de Pont-Cassé, que, d'ailleurs, elle n'aime pas. Par amitié pour le vieux médecin, il s'obstine dans sa cour au point de se battre en duel avec son noble rival. Mais tout est inutile : la fille de Minxit s'enfuit une nuit avec Pont-Cassé et meurt avec lui dans un accident tragique. Benjamin cherche en vain à consoler le malheureux père, qui suit sa fille dans la tombe quelques mois plus tard, faisant du jeune homme l'héritier de sa fortune. Le livre est une sorte de roman picaresque fort réussi, qui se rattache directement à la tradition du XVIIIe siècle, tant par les évidentes intentions de satire sociale que par les inventions plaisantes et le souriant épicurisme qui l'anime de page en page. Avec son style simple et bon enfant, ses digressions complaisantes, sa frivolité savoureuse, Tillier, en plein romantisme, fait figure d'attardé ; mais cela n'enlève rien au charme et à la vivacité de ce roman qui apparaît aujourd'hui encore comme un petit chef-d'œuvre d'humour.


Bibliographie :

   - Laffont-Bompiani, Dictionnaire des œuvres, t. IV, p. 618.

Suivez le lien pour découvrir toutes les illustrations de Roméo Dumoulin : Mon oncle Benjamin


Vendu.


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dimanche 3 décembre 2017

1964. Album Hugo.


Album Hugo.

Iconographie réunie et commentée par Martine Ecalle et Violaine Lumbroso.

Paris, Gallimard, 1964.

In-8° sous reliure, jaquette (au nom de la librairie Jean Bonnel, à Maubeuge) et Rhodoïd d'éditeur, [10], 330, [20] p., (collection « Albums de la Bibliothèque de la Pléiade », n° 3), exemplaire en bel état.

Extrait de l'avertissement :
   
Ce troisième Album de la bibliothèque de la Pléiade suit la voie tracée par Jean-A. Ducourneau et continuée par Henri Mitterand et Jean Vidal. Après Balzac et Zola, introduire Victor Hugo dans une collection iconographique était opportun à un moment où le recul permet, dans des perspectives nouvelles, l'examen d'une œuvre immense étalée sur presque tout le XIXe siècle. La succession des images fait songer à un film ou, mieux, à une « exposition de poche » dans laquelle les documents de vitrine que sont manuscrits, éditions originales ou lettres, auraient été complétés par la peinture et par l'estampe.
   Les trois grandes étapes de la vie du poète, délimitées par lui-même, Avant l'exil, Pendant l'exil, Depuis l'exil, sont d'abord jalonnées par de nombreux portraits de lui, de sa famille, de son entourage : peintures, dessins, lithographies d'une belle qualité pendant la première moitié du siècle, mais auxquels nous avons préféré ensuite des images prises sur le vif, quand Charles Hugo et Auguste Vacquerie se passionnaient pour ce nouveau procédé : la photographie, images plus émouvantes et moins connues que les clichés des photographes professionnels.
   Parmi les événements historiques du siècle nous avons dû nous limiter à ceux qui concernent directement Hugo et ce sont, très vite, les événements importants, pour un poète qui s'était voulu attentif à son temps.
   Autant que faire se peut nous avons donné un visage à tous ceux, écrivains et artistes, qui ont tenu une place dans la vie de Hugo. Ses demeures parisiennes qui subsistent encore, nous les avons recherchées et les plus intéressantes ont été photographiées. Des estampes donnent une idée de celles qui ont disparu et quelquefois de leur décor.
   La beauté du graphisme des manuscrits nous a souvent conduites à donner au lecteur, avec leur reproduction, ce contact privilégié avec l'œuvre.
   Mais c'est volontairement que nous avons résisté à la tentation de multiplier les dessins de Hugo. En dehors des croquis de voyage et de quelques illustrations d'œuvres qui s'imposaient, nous ne faisons que quelques allusions à la partie imaginaire et proprement créatrice de son œuvre dessiné.
   De même que le manuscrit et le dessin mettent le lecteur en contact avec l'œuvre dans son jaillissement, la correspondance, les mémoires, les témoignages des contemporains font revivre l'événement ; nous y avons eu recours le plus souvent possible comme nous avons fréquemment laissé la parole à ce témoin de choix que fut Mme Victor Hugo dans son irremplaçable Victor Hugo raconté par un témoin de sa vie, surtout à propos de la jeunesse du poète.
   Notre tâche s'est trouvée singulièrement facilitée par nos travaux quotidiens dans la maison qu'habita Victor Hugo, place des Vosges, consacrée depuis plus de soixante ans par la Ville de Paris au souvenir du poète [...]. Il nous était aisé de faire un choix parmi les collections réunies par Paul Meurice et accrues par nos prédécesseurs : MM. Raymond Escholier et Jean Sergent.
   Les enrichissements considérables apportés par les généreuses et récentes donations des descendants de Victor Hugo, et particulièrement MM. Jean et François Hugo et Mlle Marguerite Hugo, nous ont fourni de nombreux documents souvent inédits.
   Déjà grâce au don magnifique qu'ils avaient fait à la Ville de Paris en 1927 de la maison d'exil de Guernesey, il nous était facile d'évoquer et de faire revivre pour nos lecteurs une période exceptionnellement féconde de la vie du poète.
   Les catalogues documentés des expositions successives organisées ces dernières années place des Vosges par M. Jean Sergent, déjà utiles aux spécialistes par les nombreux documents inédits qu'ils présentent, ont souvent orienté et facilité nos recherches.
   Mais nos démarches personnelles pour essayer de renouveler une iconographie parfois trop connue ont abouti à des découvertes dont nous sommes heureuses d'offrir la primeur au lecteur.



180 euros (code de commande : 24112).




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vendredi 1 décembre 2017

1702. Plan de Charleroy (siège de 1693).


Plan de Charleroy. Avec les attaques commencées 1e 16 Septembre 1693 et poussees jusqu'au... d'Octobre de la même Année que la Place se rendit.

Gravure collée sur une feuille de papier fort, rare.

  Carte extraite de Les Forces de l'Europe, Asie, Afrique et Amerique, ou description des principales villes, avec leurs fortifications : Dessignées par les meilleurs ingenieurs, particulierement celles qui sont sous la domination de la France, dont les plans ont esté levez par Monsieur de Vauban, avec la description de tous les instrumens servans à la fortification, à l'attaque & deffense des places, ensemble ceux qui servent pour l'artillerie, des magasins ; la maniere de dresser un camp devant une ville assiegée, &c. Et ornées de plusieurs superbes edifices. Necessaire pour toutes sortes de personnes, publié à Amsterdam, chez Pierre Mortier, vers 1702. La plupart des gravures contenues dans ce recueil sont des copies de celles publiées dans les recueils Les forces de l'Europe et Le théâtre de la guerre que Nicolas de Fer fit éditer à Paris en 1693-1697.

Dimensions :
   - Image : 286 x 234 mm.
   - Cuvette : 294 x 239 mm.
   - Feuille : 341 x 289 mm.
   - Collé sur une feuille de 425 x 360 mm.


Relation du siège de 1693 par Jean Godet :
    Vainqueur à Neerwinden le 29 juillet 1693, le maréchal duc de Luxembourg, se présente devant Charleroi le 10 septembre suivant. Placés sous les ordres du marquis del Castillo de Villadurias, 4.500 Espagnols vont défendre la place.
   Les troupes françaises d'investissement sont fortes de 30 bataillons et de 32 escadrons dont Messieurs de Guiscard et de Ximénès, principaux sous-ordres du maréchal, se partagent le commandement. À l'illustre Vauban est confiée la direction des travaux du siège. Le 15 septembre, les assiégeants ouvrent la tranchée.
   Sous les hauteurs de la Garenne, les Espagnols occupent deux postes fortifiés. Dès la prise de ces postes par les Gardes françaises, les pionniers commencent à creuser deux attaques. Ces tranchées en zig-zag doivent se rejoindre « contre la partie de la place » devant laquelle se trouve un étang qui couvre en partie la ville. Tirant leur nom du côté d'où elles viennent, l'une des attaques est dite de Dampremy, l'autre de la Garenne.
   Le 16, alors que les assiégés font une sortie, cinquante carabiniers et trois compagnies de grenadiers français « prennent l'épouvante ». Il faut qu'avec d'autres troupes interviennent Messieurs de Vigny et de Sainte-Hermine pour que les Espagnols se replient et rentrent dans la ville.
   Arrivée de Mons, ou par eau de Maubeuge et Namur, l'artillerie du siège compte 210 bouches à feu, canons ou mortiers. Parmi les canons – il y en a 149 – on en dénombre 12 de « nouvelle invention ». Le 17, le feu de quelques pièces prélude au bombardement intensif de la place.
   Le 24, sur l'ordre de Monsieur de Pontis, capitaine des Vaisseaux du Roi, six petits chalands « ramassés sur la Sambre » et amenés par chariot sont mis à l'eau « à la queue de l'étang ». Des soldats s'activent à les transformer en radeaux. Ils les attachent deux par deux, côte à côte, et terminent l'opération en posant sur chaque couple une plate-forme en planches. Commandés par deux capitaines des galiotes, 20 hommes embarquent sur chacun des radeaux. Soutenue par le tir de deux petites batteries d'artillerie et par celui de 300 fusiliers postés sur la rive, la flottille, propulsée à la rame, vogue hardiment vers la redoute de l'étang.
   Ayant perdu 33 des leurs depuis le début du siège, les défenseurs du poste lacustre ne sont plus que 17. Complètement découragés en voyant s'avancer vers eux « l'escadre ennemie », ils ne tirent même pas quelques coups de feu pour sauver l'honneur mais hissent en hâte le drapeau blanc.
   Le 26 septembre « vers les deux heures du soir », l'artillerie française tire 5 salves de 14 petites bombes. À ce signal, huit compagnies de grenadiers sortent des tranchées et marchent en silence à l'attaque de la redoute de Dampremy. Bondissant dans le chemin couvert, les assaillants trouvent les défenseurs « sur le ventre ». Sans s'attarder à faire des prisonniers, les grenadiers s'élancent à l'assaut de la redoute qu'ils emportent au cri de « Vive le Roi ».
   Après la prise de la redoute de Dampremy, Monsieur de Vauban fait activer les travaux d'approche. On lit dans l'Histoire militaire de Flandre, que dans l'après-midi du 4 octobre « on voulut se faire un passage sur le bord de l'étang afin que les deux attaques puissent se communiquer ». Douze compagnies de grenadiers français délogent un détachement espagnol retranché derrière de petits parapets, mais les vainqueurs sont eux-mêmes attaqués par d'autres Espagnols sortis d'un ouvrage à corne. Après avoir déchargé leur mousquet et fait exploser trois mines sous les pieds de l'ennemi, les assiégés se replient quelque peu en désordre.
   Plusieurs brèches ayant été faites dans les défenses de la place et l'artillerie ennemie se préparant à les agrandir, les assiégés capitulèrent le 11 octobre. Réduite à 1.500 hommes, la garnison obtint les honneurs de la guerre. Avec quatre canons et un mortier, elle sortit le 13 de la forteresse.
   Pour assiéger Charleroi, les Français avaient une dotation de 96.921 boulets, dont 66.814 furent lancés sur la place. En outre, sur une réserve de 16.919 bombes et 19.000 grenades, ils en utilisèrent respectivement 11.389 et 6.000.
   Grâce à l'extraordinaire énergie du marquis del Castello de Villadurias, les Espagnols firent des prodiges de valeur ; il n'y eut que de rares défaillances. Le colonel Sir James Carmichael-Smyth (9) écrit d'ailleurs que « la défense fut très belle et très remarquable ».
   Après le départ de la garnison vaincue, trois bataillons français prirent possession de Charleroi. C'est aussi dans cette localité ruinée que s'installa le duc de Villeroi chargé de faire boucher les brèches et combler les tranchées.


Bibliographie :
   - Godet (Jean), Hainaut, terre de batailles, t. I, pp. 134-136.


80 euros (code de commande : 26180).


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mercredi 22 novembre 2017

1785. DE DOYAR (Pierre) - Lettres d'un chanoine pénitentier, sur les Affaires de la Religion.


[DE DOYAR (Pierre)].

Lettres d'un chanoine pénitentier de la métropole de *** a un chanoine théologal de la cathédrale de **, sur les Affaires de la Religion.

S.l. 1785.
[M. DCC. LXXXV.] 

In-12 broché, 174 p., dos en grande partie manquant.

   Il s'agit de la seconde édition de cet ouvrage dont la première parut la même année, également sans mention de lieu et d'éditeur.

Avis de l'éditeur :
   Ces lettres, au nombre de huit, roulent sur les affaires de la Religion. Cela suffit pour les rendre précieuses aux Fidèles. C'est par un heureux hasard qu'elles sont tombées entre mes mains. J'en ai senti tout le mérite à la première lecture, & j'ai cru que ce seroit faire une bonne œuvre, que de les mettre au jour. On verra qu'elles sont dictées par la piété & la science, & qu'elles ne respirent que les bons principes. Que leur faut-il de plus pour produire de salutaires effets ? Chaque Lettre est une consultation, à laquelle on répond d'une manière satisfaisante. La première concerne l'Edit de Tolérance. La seconde a pour objet la suppression des Maisons Religieuses. La troisième discute l'Edit concernant les Mariages ; & dans la quatrième on traite de différentes innovations & de l'ordre intimé aux Evêques [d]e soumettre leurs Mandemens & Instructions Pastorales à la censure du Gouvernement. Il étoit de la dernière importance que ces Lettres parussent pour fixer la perplexité des consciences, & l'incertitude des esprits. Heureux ceux qui vivent de la Foi, & que rien n'est capable de détacher du centre de la vérité !


Bibliographie :
   - Doyen, Bibliographie namuroise, n° 975.

50 euros (code de commande : 20525).


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mardi 21 novembre 2017

1774. FOUGERET DE MONTBRON - La Henriade travestie


[FOUGERET DE MONTBRON (Louis-Charles)].

La Henriade travestie en vers burlesques.

La Haye, Staatman, 1774.
[A La Haye, / Chez Frederic Staatman, / Libraire sur le Kalvermarks. / M. DCC. LXXIV.]

In-8° sous son brochage d'attente (113 x 168 mm.), 159, [1 bl.] p., vignette du libraire Gambier à Bruxelles.

   Originaire de Péronnes et mort en 1761, Louis-Charles Fougeret de Montbron (ou Monbron) fut l'auteur d'ouvrages badins, tous publiés anonymement, dont Margot la ravaudeuse.
   À propos de La Henriade, Maurice Saillet, dans son édition de Margot la ravaudeuse, écrit qu'il « procède peut-être moins du Virgile travesti de Scarron que de l'Homère travesti de Marivaux. Cela est si vrai qu'il fut parfois attribué à cet auteur, pour qui Fougeret professait du reste la plus vive admiration. »


Bibliographie :

   - Barbier (Antoine-Alexandre), Dictionnaire des ouvrages anonymes, t. II, col. 612 ;
   - Cioranescu (Alexandre), Bibliographie de la littérature française du XVIIIe siècle, 29316 ;
   - Saillet (Maurice), Margot la ravaudeuse, éd. 1958, p. 171.



 
45 euros (code de commande : 21290).


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lundi 20 novembre 2017

1832 - DE SMET (J.J.) - Histoire de la Belgique.


DE SMET (J.J.).

Histoire de la Belgique, par J.J. De Smet, ancien régent de Rhétorique au Collége d'Alost. Troisième édition, revue et corrigée avec soin.

Tomes I et II (complet).

Gand, Vanryckegem-Hovaere, 1832.
[Gand, / Vanryckegem-Hovaere, Imprimeur-Libraire. / 1832.]

Deux volumes in-8° demi-basane verte, dos lisses ornés de filets dorés, reliure frottée, tome I : VIII, 336 p., une carte hors texte à déplier gravée par Constant Onghena, tome II : 360, une carte hors texte à déplier gravée par Constant Onghena, ex-libris manuscrits aux pages de faux-titre et cachet aux pages de titre, bon exemplaire.

   « À peine âgé de 25 ans, [l'historien gantois Joseph-Jean De Smet (1794-1877)] fut nommé professeur de rhétorique au petit séminaire de Sainte-Barbe à Gand ; mais il passa bientôt, en cette même qualité, au collège d'Alost, dirigé alors par l'abbé van Crombrugghe. L'enseignement moyen, dit P. de Decker, en complet désarroi depuis l'introduction chez nous du régime des lycées impériaux de France, laissait beaucoup à désirer au point de vue des livres classiques, tous rédigés dans un esprit qui était peu en rapport avec nos traditions nationales. Le corps professoral du collège d'Alost s'attacha immédiatement à combler cette lacune importante. Mr de Smet, convaincu de la nécessité d'une direction nationale à imprimer surtout à l'étude de nos annales, publia dès 1822 (lisez 1821) une histoire de la Belgique en deux volumes. » Cet ouvrage, dans lequel, pour la première fois, on essayait de faire marcher de front les principaux faits historiques se rattachant à toutes nos provinces si différentes dans les diverses phases de leur civilisation particulière, était écrit d'après un plan entièrement nouveau. Tout en constituant une unité logique, la division du livre en sept principales époques permettait de donner comme couronnement et résumé de ces diverses périodes, le tableau des mœurs et des coutumes, ainsi que celui des lettres et des arts correspondant à chacune d'elles. Cette histoire écrite  « pour inspirer aux jeunes l'amour de la patrie », était conduite jusqu'à la bataille de Waterloo. Elle se terminait par cette réflexion à laquelle les circonstances donnaient une si émouvante actualité :  « Puisse la sollicitude d'un souverain, ami de son peuple, et la sagesse des deux Chambres parvenir à faire régner entre les Belges et les Bataves cette union et cette concorde qui sont le gage assuré de la prospérité des empires ! » Ce Manuel fut accueilli avec une grande faveur (Messager des Sciences, 1823, p. 19). L'année suivante, il fallut en donner une seconde édition, revue et corrigée d'après les conseils des deux représentants les plus autorisés de la science historique belge à cette époque, J.-J. Raepsaet et L. Dewez. Cette fois, l'abbé de Smet « avait exposé la fatale influence exercée sur les troubles du XVIe siècle par le fondateur de la dynastie d'Orange. » Aussi le ton du Messager (1824, p. 400) change-t-il complètement : « Malheureusement Mr de S. a cru pouvoir ne pas conserver à quelques-uns de nos princes leur caractère historique. Il était de son devoir de les louer quand ils ont fait le bien ; mais il perd ses droits au titre d'écrivain impartial, lorsqu'il fait plus que dissimuler leurs fautes. Ce que je dis ici s'applique surtout à Charles-Quint et à son fils Philippe II. »
   D'après De Decker, à partir de ce moment, le gouvernement hollandais, froissé de l'« impartiale franchise » du jeune historien lui fit une guerre tantôt sourde, tantôt déclarée qui n'eut d'autre résultat que d'affermir et d'accroître sa popularité. »
   L'édition présentée ici inclut les événements de la révolution belge et l'intervention de l'armée française du maréchal Gérard qui repoussa, en 1831, les troupes du prince d'Orange hors du territoire national.


Bibliographie :
   - 
V. Fris dans Biographie nationale, tome XXII, col. 778-791.



Les deux volumes : 80 euros (code de commande : 20193).


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samedi 18 novembre 2017

1809. Stances, à Messieurs les confrères de la Miséricorde, à Mons


[DELOBEL (Louis)]
Stances, à Messieurs Messieurs [sicles confrères de la Miséricorde, à Mons, présentés par un ancien de la confrairie, le jour de la décollation de saint Jean-Baptiste, 29 Août 1809, Epoque de l'Anniversaire de son Jubilé de 50 ans. Par L. D***.

Mons, Monjot, [1809].
[A Mons, / De l'Imprimerie de Monjot, Libraire, rue / de la Clef, N°. 19.]

In-8° broché sous une couverture muette de l'époque, [1 bl.], [1 (encadrement typographique)], 13, [1 bl.] p., rare.

   La Confrérie de la Miséricorde, ou Confrérie Saint Jean Décollé – plus connue des Montois sous l'appellation des Beubeux – fut fondée par Henri de Ligne en 1699, elle établit son siège l'Abbaye du Val des Écoliers.
   Sur l'histoire de cette confrérie, toujours bien active aujourd'hui, suivez le lien : 
http://www.beubeux.be/index.php.
   L'auteur de ces stances qui naquit à Mons en 1746 et y mourut en 1813, fut chanoine de l'église de Saint-Germain et enseigna la poésie au collège de Houdain.


Bibliographie :
   - De le Court (Jules-Victor), Dictionnaire des anonymes et pseudonymes (XVe siècle - 1900), p 888 (1178).
   - Rousselle (Hippolyte), Bibliographie montoise, n° 1158.
   - Mathieu (Adolphe), Biographie montoise, pp. 111-112.



40 euros (code de commande : 26173).


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jeudi 16 novembre 2017

1755. Carte des camps de Deynse et d'Hauterive. Le 22. de May et 16. Juin 1690.


BEAURAIN (chevalier de).

Carte des camps de Deynse et d'Hauterive. Le 22. de May et 16. Juin 1690. Corrigée et augmentée par le Chevalier de Beaurain Géographe ordinaire du Roy.

Extraite de l'Histoire militaire de Flandre, Depuis l'année 1690. jusqu'en 1694. inclusivement.

Paris, Beaurain - Poirion - Jombert, 1755.

Dimensions :
   - Illustration : 292 x 446 mm.
   - Cuvette : 305 x 458 mm.
   - Feuille : 393 x 526 mm.



Extrait de l'ouvrage du chevalier de Beaurain (p. 18) :
   La marche de Deinse à Hauterive se fit sur deux colonnes, dont l'une fut pour les troupes, & l'autre pour les bagages.
   Celle des troupes, qui couvroit les bagages, passa la Lys sur un pont au-dessous de Deinse, & alla au château de Maelstapel, le laissant à droite, & de là à Cruys Houtem, Worteghem, & Anseghem, & laissant Tyghem à droite, & Avelghem à gauche, elle se rendit à Haute rive où fut le camp.
   Les équipages passerent sur le pont de Deinse, allerent à Peteghem, & ensuite à Machelen ; de là ils prirent le chemin de Wareghem, qu'ils laisserent à droite, & passerent à Ingoyeghem, & à Hestrud, d'où ils se rendirent au camp. On envoya quelques détachemens de cavalerie & de dragons sur la gauche de la marche, pour veiller sur Oudenarde.
   Les troupes camperent sur deux lignes, la droite près d'Avelghem, la gauche vers Bossu, l'Escaut derriere le camp, & Hauterive pour quartier général.
   Le 19 M. de Luxembourg partit d'Hauterive pour aller à Leuse, la marche se fit sur deux colonnes.



40 euros (code de commande : 26149).


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mercredi 15 novembre 2017

1825. Règlement concernant la formation des États de la Province de Hainaut.


Règlement concernant la formation des États de la Province de Hainaut.

[1825].

In-4° broché, 29, [1 bl.] p., rare.

Extrait de l'étude de Charles Delecourt :
   « Aux termes de la loi fondamentale, les réglements organiques de l'Administration provinciale et communale devaient être arrêtés par le Roi, sur l'avis de commissions spéciales nommées par lui. Un arrêté Royal du 14 octobre 1815 institua d'abord, pour le Hainaut, une commission de onze membres chargée de donner son avis sur le réglement d'organisation des États de la province. Cette commission se réunit le 30 et le 31 octobre, sous la présidence du Gouverneur ; elle adressa son rapport au Ministre de l'Intérieur le 2 novembre, et, le 13 février suivant, le Roi arrêta le règlement concernant la formation des États de la province de Hainaut.
   Ce réglement statua que l'assemblée générale des États de la province serait composée de quatre-vingt-dix membres, dont trente nommés par les nobles, trente par les villes et trente par les campagnes, pour un terme de trois années, et de manière à ce que l'assemblée se renouvelât par tiers chaque année. Les nobles de la province, réunis en corporation politique, sous la dénomination de Corps Équestre, devaient nommer directement leurs Députés aux États. Dans l'ordre des villes, la nomination était attribuée aux régences municipales ; les villes de Mons et de Tournay devaient élire chacune cinq Députés ; Ath, deux ; Charleroy, Leuze, Lessinnes, Péruwelz, Antoing, Braine-le-Comte, Chièvres, Enghien, le Rœulx, St.-Ghislain, Soignies, Binche, Chàtelet, Fontaine-l'Évéque, Gosselies, Thuin, Beaumont et Chimay, chacune, un Député. De la part des campagnes, la nomination des membres des États devait avoir lieu par district, d'après une division et dans une proportion à régler ultérieurement. Les habitants de chaque district payant annuellement quinze florins au moins de contributions directes, et réunissant les autres conditions requises pour avoir le droit de voter, procédaient à la désignation d'un nombre d'électeurs sextuple de celui des députés à nommer par le district. Pour être électeur, il fallait avoir le droit de voter et payer annuellement cent florins au moins de contributions directes dans la province. Ces électeurs, réunis en Collége électoral, nommaient les Députés du district à l'assemblée des États. Chaque ordre désignait en outre des suppléantspour remplacer ceux des Députés qui refuseraient ou ne pourraient accepter leur mandat. La réunion ordinaire de l'assemblée des États était fixée au premier lundi du mois de juillet ; elle devait être convoquée par le Gouverneur et ne pouvait durer que quinze jours. Les membres des États votaient individuellement, à la pluralité des voix. La Députation était composée de neuf membres, nommés par chacun des ordres, en nombre égal, et soumis à un renouvellement par tiers, chaque année. Un Greffier des États devait être nommé par le Roi sur la présentation de l'assemblée. Enfin, le titre de Nobles et Honorables Seigneurs était attribué aux membres des États et de la Députation. [...]
   Le premier réglement organique, approuvé le 13 février 1816, ne resta pas longtemps en vigueur. Le 26 février 1818, le Roi en décreta un nouveau de son autorité privée. Les bases de celui de 1816 furent conservées. »
   D'autres modifications suivirent pour en arriver à la version du Règlement de 1825 présentée ici.


Bibliographie :
   - Delecourt (Charles), Introduction à l'histoire administrative du Hainaut, depuis la première invasion française (7 novembre 1792) ; suivie de pièces justificatives et d'une notice bibliographique, pp. 40-46 et 163.



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