jeudi 27 avril 2017

1751. MAUPERTUIS - Essai de philosophie morale.


MAUPERTUIS (Pierre-Louis-Moreau de).

Essai de philosophie morale. Par M. de Maupertuis 

[Paris], [Durand], 1751.
[M. DCC. LI.] 

In-8° sous reliure cartonnage de papier marbré, pièce de titre rouge, filets dorés sur les plats, [1 (titre)], [1 bl.], XXX, 125, [2 (table)], [1 bl.] p., ex-libris.

Bel exemplaire très bien conservé, rare.

   Il s'agit de la deuxième édition de cet ouvrage dont l'originale fut publiée à Berlin, en 1749.

Description de la Bibliothèque Nationale de France :

   Adresse restituée d'après la permission tacite accordée le 13 juillet 1751 (BnF, ms. fr. 21994, n° 87 ; ms. fr. 21982) ; imprimé en France d'après les matériel et usages typographique ainsi que le papier (Auvergne). Bandeau typographique, culs-de-lampes gravés sur bois dont un [p. 45] par Vincent Le Sueur (daté 1739).



À propos de ce livre :
   « Quand, rarement, Maupertuis dispose d'une place dans une histoire de la philosophie, c'est dans le secteur de l'épistémologie. Pourtant, il signe aussi un très court texte de philosophie qui, me semble-t-il, mérite qu'on s'y arrête, car il joue un rôle cardinal dans l'économie d'un courant de pensée français que l'historiographie a gommé, trop matérialiste, trop eu croyant, pas assez idéaliste ou spiritualiste ; disons-le autrement : trop incompatible avec la tradition judéo-chrétienne recyclée par l'idéalisme dominant. Ce courant, je le nomme l'utilitarisme français. Or le texte qui en préfigure l'existence est l'Essai de philosophie morale, publié d'abord à Berlin en allemand en 1749 puis en français et en France dès 1751.
   Ce petit texte (un in-12 de cent vingt-cinq pages, dix-sept lignes par page...) a d'abord existé sous la forme d'un envoi privé à un ami. Comme toujours à l'époque, on le lit dans les salons, on le copie, le recopie, il circule, jusqu'à ce qu'il se trouve un jour imprimé, édité et diffusé sans le consentement ni l'autorisation de son auteur. Dans ce cas de figure, les risques de censure existent, certes, mais ils sont moindres que dans le cas d'une franche existence éditoriale.
   Pour éviter l'édition pirate, fautive, peu sûre, mal recopiée, parfois volontairement malintentionnée, Maupertuis consent à une édition. Il l'ouvre en répondant d'abord aux remarques le plus fréquemment faites à son texte : livre de misanthrope, éloge fautif du suicide, ouvrage d'impiété, mais aussi bréviaire de dévotion (!), ouvrage au style bien trop sec ! La bonne méthode voudrait pourtant qu'on l'ait lu afin de pouvoir saisir la portée des remarques, puis la pertinence et la qualité des réponses : ce préambule méritait donc un appendice...
   Ces premières pages, maladroites, invitent à ne pas lire : qui s'empresserait d'aller voir un livre si noir, à l'abord si revêche, coupable ou d'être libertin, ou de sentir l'eau bénite ? Mais mériter ces deux reproches, voilà l'effet d'un singulier ouvrage ! Car hédoniste, l'utilitaire altruiste, le tout dans la perspective d'une véritable science philosophique, avec arithmétique des plaisirs, physique des passions et mathématique des émotions. Pour un historiographe élevé au biberon idéaliste, voilà trop pour un seul homme ! D'où l'absence de l'œuvre dans le corpus de la philosophie française. »


Bibliographie :
   Michel Onfray, Maupertuis et le désir d'être heureux, dans Les ultras des Lumières (tome 4 de la Contre-histoire de la philosophie), chap. 11.


200 euros (code de commande : 21494).


Si vous souhaitez obtenir plus d'informations à propos de ce livre ou le commander,
utilisez le formulaire de commentaire ci-dessous
ou
adressez-nous un message à

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire