samedi 22 avril 2017

1760. Chartes statuts, et ordonnances de polities de la ville d'Ath.


Chartes statuts, et ordonnances de polities de la ville d'Ath. Nouvellement revisitées & corrigées par les Chatelain, Mayeur, & Echevins de laditte Ville.

Mons, Plon, 1760.
[A Mons. De l'Imprimerie de P. J. J. Plon, Imprimeur & Libraire rue de Nimi. 1760.]

In-8° plein veau d'époque, dos à 5 nerfs, reliure défraîchie, mors du premier plat fendu, [1 (titre)], [1 bl.], 114 (les deux dernières erronément chiffrées 91 et 92)] p.

Aux origines des éditions Plon :
   Pierre-Jean-Joseph Plon était né à Mons, en la paroisse de Saint-Germain, le 29 décembre 1716 ; lorsqu'il eut atteint l'âge de quatorze ans, son père l'engagea, en 1731, comme apprenti chez Mathieu Wilmet, « pour lui apprendre l'art d'imprimer et de relier les livres. » Il y fit de rapides progrès, progrès tels, au dire de [son père] l'arpenteur Plon, que, au bout de deux ans, Wilmet en prit de l'ombrage et refusa de lui donner du travail. Pierre-Jean-Joseph fut alors mis en apprentissage chez Maladrier, rue des Clercs, pour se perfectionner dans l'art de la reliure. Wilmet, qui était l'un des principaux clients du relieur, défendit à celui-ci de donner de l'ouvrage à son nouvel apprenti et cet atelier fut également fermé pour le jeune homme.
   Sur les entrefaites, le matériel d'imprimerie de feu Gilles-Albert Havart ayant été mis en vente, l'arpenteur Pion en fit l'acquisition, pour donner de l'occupation à son fils « et l'empêcher de vagabonder et battre le pavé, comme on en voit quantité d'autres. » En examinant le matériel typographique, on constata que, par suite des agissements de François Sarazin, les caractères étaient tellement brouillés qu'il n'était pas possible de s'en servir en cet état ; une certaine quantité d'entre eux étaient brisés et bons à être refondus. Le seul moyen de nettoyer les casses était de composer un texte pris au hasard, d'éliminer les mauvaises fontes et de redistribuer les lettres bonnes à être conservées. Parfois, cependant, les Plon ne croyaient pas enfreindre les ordonnances sur l'imprimerie en tirant, à quelques exemplaires, une plaquette dont le sujet leur paraissait intéressant. L'arpenteur s'étant, un jour de l'an 1733, rendu chez M. de Maleingreau, seigneur de Quenast, pour vaquer à certains travaux projetés par le Gouvernement, y trouva une lettre manuscrite écrite par un évêque au roi de France ; le seigneur de Quenast permit à Plon de l'emporter. Celui-ci la lut, en jugea le fond édifiant, le style brillant et en utilisa le texte pour l'épreuve de ses caractères. On en tira quelques exemplaires, dont quatre ou cinq furent remis à de Maleingreau en même temps que la lettre originale ; les autres épreuves furent conservées à l'imprimerie pour servir à un tirage plus considérable après l'obtention des lettres patentes.
   Mathieu Wilmet (toujours lui !) et Jean-Baptiste Varret, qui voyaient de mauvais œil les préparatifs d'installation d'un concurrent dont ils avaient pu apprécier les qualités, dénoncèrent l'arpenteur Plon comme exploitant une imprimerie clandestine. L'avocat fiscal s'émut, ouvrit une enquête, réclama un exemplaire de la lettre au roi de France. Sur réquisitoire du 13 novembre 1733, le Conseil Souverain de Hainaut déclara, par arrêt du 26 novembre suivant, « n'avoir été permis audit Plon d'imprimer ou faire imprimer contre les deffences portées par les ordonnances », et le condamna à cent livres d'amende et aux frais de justice.
   À la suite de cet arrêt, Jacques-Joseph Plon s'adressa au roi Charles VI, en vue d'obtenir des lettres patentes d'imprimeur de S. M. à Mons, sur le même pied, privilège et franchises dont avait joui Gilles-Albert Havart. Le Conseil privé, par apostille du 18 décembre 1733, déclara que cette demande ne pouvait être accueillie tant que le requérant n'aurait justifié de s'être exercé, pendant deux ans, dans l'art d'imprimeur. Se voyant débouté, Plon envoya son fils compléter son apprentissage à Lille, chez J.-B. Henry, où il demeura deux ans.
   En janvier 1741, l'arpenteur présenta une nouvelle requête en obtention de patentes d'imprimeur pour son fils, Pierre-Jean-Joseph. L'avocat fiscal s'y opposa, prétextant que le candidat n'avait pas 23 ans, qu'il n'avait pas subi l'examen prévu par les placards, et que le certificat du doyen de chrétienté, bien que favorable, n'était pas assez probant ; mais ce qui indisposait particulièrement l'officier du gouvernement, excité d'ailleurs, par les autres imprimeurs, c'était la prétention émise par Plon, de jouir d'une sorte de privilège ou de monopole comme successeur de Gilles Havart. « Ces raisons, concluait le fiscal, jointes à l'inutilité qu'il y a d'augmenter à Mons, le nombre des imprimeurs, qui ont déjà assez de peine à trouver de quoi s'occuper, font espérer qu'il sera rescrit de façon qu'au moins quant à présent, le suppliant soit éconduit de sa demande. » Malgré l'appui du magistrat, les patentes furent refusées pour Mons, mais, à la suite de nouvelles démarches, Pierre-Jean-Joseph Pion reçut, le 19 janvier 1742, de Marie-Thérèse, la permission de s'établir comme imprimeur à Ath. Quelques jours après, le 1er février 1742, il épousait, à Mons, Marie-Caroline-Josèphe de Ladrière.
   Enfin, en 1746, après la prise de Mons par les Français, Plon fut autorisé, par l'intendant, à transférer son établissement en cette ville, où il se fixa, d'abord, de 1746 à 1747, rue de la Clef, vis-à-vis du Marché-aux-Herbes, puis, de 1747 à 1760, rue de Nimy, et, de 1760 à 1778, sur la Grand'Place. Durant l'occupation française, il portait, concurremment avec Wilmet, le titre d'imprimeur du Roi. En 1766, il acquit des caractères d'imprimerie chez Rosart, fondeur, à Bruxelles.
   Pierre Plon gravait lui-même, sur bois, les dessins et les fleurons qui ornaient ses publications. On a relevé 42 productions sorties de ses presses, dont une faite à Ath, en 1744.
   Plon avait imprimé en 1772, pour compte du chevalier Oesmarcq, un Mémoire justificatif, sans autorisation préalable. Des poursuites furent intentées contre l'imprimeur, mais dès le 7 décembre, l'auteur demanda au gouvernement que Plon ne fût pas inquiété, « cet homme est fort pauvre et chargé d'une nombreuse famille. » Ce mémoire avait été tiré à 500 exemplaires délivrés à Desmarcq et quelques douzaines d'autres envoyés à des libraires de Valenciennes et de Maubeuge, pour être vendus au profit de l'imprimeur. Par lettres du 27 janvier 1773, l'empereur Charles VI ordonna la cessation des poursuites contre Plon, à charge de payer les frais de justice.
   Des revers de fortune, les soucis d'une nombreuse famille et une grave maladie obligèrent Plon à abandonner sa profession, en 1778, pour se retirer à Nivelles, près de son fils Emmanuel, qui avait fondé, en 1774, le premier établissement typographique en cette dernière ville. Deux fils d'Emmanuel allèrent se fixer à Paris : l'un, Charles, fut le père d'Henri-Philippe Plon, le célèbre imprimeur de l'empereur Napoléon III.
   Pierre Plon mourut à Nivelles, le 17 novembre 1785 ; sa veuve lui survécut quelques années. Elle mourut, dans la même ville, le 12 janvier 1791.


Bibliographie :

   - Rousselle, Bibliographie montoise, n° 724.
   - Federinov, Quatre siècles d'imprimerie à Mons, p. 57.
   - Poncelet et Matthieu, Les imprimeurs montois, pp. 114-118.



95 euros (code de commande : 20025).



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