mardi 2 mai 2017

1882. HUGO (Victor) - Les Orientales.


HUGO (Victor).

Les Orientales par Victor Hugo (d'après l'Édition originale). Illustrées de huit compositions de MM. Gérome et Benjamin Constant gravées à l'eau-forte par M. de Los Rios.

Paris, Les Amis des Livres, 1882.
[Paris / Imprimé pour les Amis des Livres / par Georges Chamerot / 19, rue des Saints-Pères, 19 / 1882]

In-4° (250 x 330 mm.) plein maroquin bleu nuit, dos à 5 nerfs orné de fers dorés, plats encadrés par un filet sextuple doré et orné d'écoinçons, filet double doré sur les coupes, roulettes et filets dorés sur les chasses, tranches dorées, couverture de papier parcheminé conservée (reliure signée Cuzin), [3 (faux-titre, justification du tirage, titre)], [1 bl.], VIII, 351, [2 (liste des membres de la Société)], [1 bl.] p., exemplaire bien complet de toutes les planches hors texte et de leurs serpentes légendées, tirage a été limité à 135 exemplaires numérotés et nominatifs sur papier Japon (n° 68 - M. Jules Huvé), bel exemplaire.

Extrait de la description de Vicaire :
   « Les 8 planches sont en double état, sauf la planche de la Chanson des Pirates qui est en trois états ; chaque épreuve terminée est protégée par un papier fin avec légende imprimée,
   Couverture blanche avec titre imprimé en or. Publié par les soins de M. Eugène Paillet. »


Notice du Dictionnaire des œuvres :

   Les Orientales forment un « recueil de poésies lyriques [...] paru en janvier 1829, réimprimé avec une nouvelle préface en février de la même année et resté célèbre comme la première manifestation du génie personnel du poète. Tandis que, dans les Odes et ballades, il avait donné les premières preuves d'un don lyrique qui se manifestait dans les directions les plus diverses, faisant alterner les audaces et les retenues calculées, ici, deux ans après Cromwell qui l'avait placé au premier rang de la bruyante troupe romantique, Hugo prend résolument une attitude de chef d'école en joignant à une plus grande maîtrise de son art de vigoureux accents polémiques. Le recueil s'ouvre sur une préface où Hugo disserte sur la nouvelle poésie avec une chaude éloquence, bat en brèche les théories du classicisme, revendique pour la poésie française la plus grande liberté possible dans le choix du sujet et dans l'expression et conclut en souhaitant à la France, en termes extrêmement pittoresques, « une littérature qu'on puisse comparer à une ville du Moyen Âge ». Une telle audace s'accompagne d'un changement dans les idées politiques ; le légitimiste scrupuleux des Odes lance déjà ses premiers traits contre le régime existant et n'hésite pas à montrer dans la révolution grecque un exemple de la rébellion des peuples modernes contre la tyrannie des rois. La guerre d'indépendance des Grecs contre l'Empire turc inspire en effet bon nombre des pièces contenues dans ce volume (« Canaris », « Les Têtes du sérail », « Navarin ») ; mais ces évocations plus particulièrement historiques revêtent, elles aussi, des formes et des couleurs fabuleuses, se mêlant à une suite fantasmagorique de tableaux des plus pittoresques. La mode alors était à l'Orient. La lutte entre la Grèce et la Turquie avait suscité un vif mouvement d'opinion. Si tous les poètes n'allaient pas se faire tuer en Grèce comme Byron, tous étaient philhellènes et Hugo, sans avoir jamais vu l'Orient, y trouve un choix inépuisable de thèmes nouveaux, qui lui semblent convenir particulièrement à la nouvelle poésie française. Il étend d'ailleurs son domaine au maximum, en y incorporant l'Espagne. Les sujets, empruntés à l'histoire et à la légende orientales, montrent une insistance quasi-puérile dans le choix des motifs les plus facilement suggestifs : sérénades et duels dans une Espagne mauresque, sultans et sérails, odalisques et minarets, émirs, pachas, massacres et cimeterres ; mais ces thèmes exotiques sont prétextes a une véritable orgie de rythmes et de couleurs, à une richesse d'images, à une abondance d'inventions verbales, à une maestria technique qui tiennent parfois du miracle (« Sara la baigneuse », « Marche turque », « Lazzara », « L'enfant grec »). Il arrive aussi qu'une excessive habileté entraîne le poète dans des jeux métrique compliqués et, tout compte fait, assez discutables, comme dans les « Djinns ». Le goût des comparaisons semble parfois s'emparer si totalement du poète que celui-ci se transforme en un véritable jongleur verbal. Mais, dans son ensemble, le recueil, par sa verve et son originalité, n'apparaît pas inférieur à sa renommée, et il est admis que cette œuvre a ouvert la voie à une bonne part des audaces poétiques du XIXe siècle tout entier, ainsi qu'à cette prédilection pour le pittoresque, pour la couleur locale, qui devait être un des caractères les plus marquants de la poésie romantique. C'est parce qu'il a apporté à cette évocation son génie que l'Orient est devenu, comme il le dit dans sa préface de 1829, « soit comme image, soit comme pensée, pour les intelligences, pour les imaginations, une sorte de préoccupation générale ». C'est sur cet acquis que devaient vivre plusieurs générations de poètes. Certaines de ces poésies, d'une haute inspiration et d'un style particulièrement grandioses, sont dignes de la Légende des siècles et nous font pressentir quels sommets sa poésie atteindra, dans ses prochaines œuvres.

Signature du relieur.

Bibliographie :
   - Vicaire (Georges), Manuel de l'amateur de livres du XIXe siècle, t. I, col. 43 et t. IV, col. 246-247.
   - Beraldi (Henri), Les graveurs du XIXe siècle : guide de l'amateur d'estampes modernes, t. 9, p. 193 (pour les gravures de Ricardo de Los Rios).
   - Laffont (Robert) et Bompiani (Valentino), Dictionnaire des œuvres, t. 5, p. 68.
   - Laster (Arnaud) et Gleizes (Delphine), Les Orientales. Illustration et musique (Victor Hugo & l'Orient).


Ressource électronique sur le site L'orientalisme. Un engouement pour l'ailleurs au XIXe siècle : https://orientalismewordpress.wordpress.com/
   - Les Orientales de Victor Hugo : https://orientalismewordpress.wordpress.com/2016/04/15/les-orientales-victor-hugo-1829/
   - Sur Jean-Léon Gérôme : https://orientalismewordpress.wordpress.com/tag/jean-leon-gerome/


Illustration de Gérôme
Illustration de Benjamin Constant pour La captive.
580 euros (code de commande : 25500).


Si vous souhaitez obtenir plus d'informations à propos de ce livre ou le commander,
utilisez le formulaire de commentaire ci-dessous
ou
adressez-nous un message à

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire