vendredi 9 juin 2017

1630. MERCATOR (Gérard) - Hannonia Namurcum Comitatus.


MERCATOR (Gérard).

Hannonia Namurcum Comitatus.

Gravure aquarellée extraite de Gerardi Mercatoris Atlas, sive Cosmographicae meditationes de fabrica mundi et fabricati figura..., publié à Amsterdam, chez Hondius, en 1630.

Restauration ancienne à la partie supérieure du pli central et petites déchirures dans les marges sans dommage pour la carte.



Dimensions :
   - Dessin : 467 x 350 mm.
   - Cuvette : 471 x 354 mm.
   - Feuille : 560 x 465 mm.

   De Duisburg, en Allemagne, où il s'était installé après avoir été arrêté pour hérésie en Flandre, Mercator suivait de près l'actualité anversoise. Ortelius lui expédia un tirage de la carte du Hainaut par Surhon dès mai 1572, quelques semaines après qu'il lui ait été interdit de la publier. Les années passèrent. En 1585, Mercator fit paraître sa carte du comté de Hainaut. On peut se demander quels sont ses liens avec celle de Surhon, dont le nom n'y est pas cité.
   Mercator représente non seulement le Hainaut et le Cambrésis, mais également le comté de Namur. Pour inclure un territoire plus vaste tout en respectant le format de son atlas, il fut amené à réduire l'échelle et à apporter des simplifications.
   La taille des lettres fut réduite. Un simple cercle dépourvu d'ornements fut utilisé pour situer les localités. Il semble que ces repères étaient gravés sur le cuivre avant que celui-ci ne soit confié au graveur de lettres, car un certain nombre de cercles n'est pas accompagné de toponyme, par manque de place sans doute. Une petite croix y est ajoutée pour localiser les abbayes. Les bois occupent naturellement beaucoup d'espace : il fallut sabrer. Ceux de Senzeilles et de Mariemont, par exemple, manquent.
   La limite du Hainaut est semblable à celle qu'indique la carte de Surhon de 1572/1579, sauf en deux endroits. En premier lieu, en amont de Tournai, elle longe tout simplement l'Escaut. En second lieu, à hauteur de Mariembourg, une décision a été prise. Selon Mercator, la place ne fait pas partie du Hainaut mais relève du « diocèse de Liège », de même que Philippeville, fondée quelques années plus tard. Liège étant traditionnellement favorable à la France, une menace sur le Hainaut prenait forme. Le danger se précisa plus tard. Par contre, plus au sud, le comté de Hainaut atteint ici les rives de la Meuse entre Revin et Fumay. Cette situation stratégique permettait de bloquer éventuellement une incursion française par la Meuse et de protéger Namur.
   Certaines informations géographiques diffèrent. Des toponymes ont été corrigés ou adaptés, comme Faignock, remplacé par Fagnoeulle, au nord-est de Mariembourg ; Petitengh, devenu Littel Enghien ; mais Levaucan (actuellement Quevaucamps) reste inchangé.
   Il semble donc que le point de départ de Mercator fut la carte de Surhon et qu'il la repensa. Son apport étant réel, aucune allusion n'est faite au cartographe montois, ni à son fils Jean, auteur de la carte du Namurois. Ce qui nous manque, ce sont les armoiries du Hainaut et sa si jolie devise qui fleure la liberté : tenu de Dieu et du soleil. Celles du comté de Namur sont également absentes.

Bibliographie :
   - Lemoine-Isabeau (Claire), Cartes topographiques gravées du Hainaut, dans Images de Mons en Hainaut du XVIe au XIXe siècle, pp. 76-77.


200 euros (code de commande : 24406).


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