mercredi 21 juin 2017

1863-1864. AUMALE (Henri d’Orléans, duc d’) - Histoire des princes de Condé.


AUMALE (Henri d’Orléans, duc d’).

Histoire des princes de Condé pendant les XVIe et XVIIe siècles par M. le Duc d'Aumale. Tomes I et II.

Paris, Lévy, 1863-1864.
[Paris / Michel Lévy Frères, Libraires Éditeurs / rue Vivienne, 2 bis et boulevard des Italiens, 15 / A la Librairie Nouvelle / 1863 - 1864 / Tous droits réservés.]

Deux volumes in-8° plein maroquin rouge, dos à cinq nerfs orné des armes du duc d'Aumale dans les entrenerfs et daté en queue, plats aux armes du duc d'Aumale encadrés de filets à froid, roulette et filets dorés sur les chasses, roulette dorée sur les coupes, tranches marbrées et dorées (reliure de Lortic), tome I : [3 (faux-titre, mention d'imprimeur, titre)], [1 bl.], III, [1 bl.], 580 p., un portrait gravé de Louis Ier de Bourbon en frontispice, tome II : [3 (faux-titre, mention d'imprimeur, titre)], [1 bl.], 588 p., un portrait de Henri Ier de Boubron en frontispice et une grande carte à déplier in fine.

Bel exemplaire sur papier vergé.

Note de Fernand Drujon :
   « Cet ouvrage était déjà imprimé et sur le point d'être publié, lorsque le gouvernement impérial en interdit la publication et le fit saisir chez l'éditeur, le 19 juin 1863, par les soins du Préfet de police (M. Boittelle). De là procès retentissant intenté par l'illustre auteur du livre, conjointement avec son éditeur, contre les ministres de l'intérieur et des finances, les Préfets de police et de la Seine, le Directeur des Domaines, à l'effet d'obtenir la restitution en France, sans conditions ni restrictions des deux volumes saisis brochés et en feuilles, procès qui dura 6 ans et ne se termina, après l'épuisement de tous les degrés de juridiction, que par l'acquiescement du gouvernement aux prétentions des demandeurs. »



Préambule de l'auteur, daté de Palerme, le 20 mars 1869 :
   En soumettant au jugement du public des pages qui déjà peut-être sont jaunies par le temps et que je n'ai même pas sous les yeux, tandis que j'écris ces lignes, je pourrais être tenté de donner quelques explications ; car sept années me séparent du jour ou commença l'impression de ces deux volumes, et il est fâcheux pour un auteur de paraître devant un public « désheuré », comme disait le cardinal de Retz. Mais les circonstances qui ont amené ce long retard sont assez connues ; je n'y reviendrai pas.
   Je n'ai pas fait, je ne ferai pas de préface, n'ayant aucun système nouveau a exposer, aucun désir, aucun droit d'occuper le lecteur de ma personne. L'esprit de parti ne m'a pas inspiré, quand j'ai eu la pensée de profiter de nombreux documents que le bienfait du dernier des Condés avait mis en ma possession, et de raconter la vie de quelques-uns de ses vaillants aïeux ; j'ai essayé de rester fidèle à la devise de Montaigne, et je crois pouvoir répéter après lui : « Cecy est un livre de bonne foy. »
   Aussi, viens-je seulement accomplir un devoir de reconnaissance ; au moment de reprendre le cours d'un travail qu'une sorte de découragement m'avait fait interrompre, je veux saisir la seule occasion où je puisse remercier hautement les illustres avocats qui m'ont remis la plume en main. Fidèles aux glorieuses traditions du barreau français, MM. Hébert et Dufaure ont, par leur talent et leur persévérance, fait une fois de plus triompher la vieille cause : le droit.


Edmond de Goncourt juge le relieur Pierre-Marcellin Lortic :
   « Mais pour moi, – quand il est dans ses bons jours, – Lortic, sans conteste, est le premier des relieurs. C’est le roi de la reliure janséniste, de cette reliure toute nue, où nulle dorure ne distrait l’œil d’une imperfection, d’une bavochure, d’un filet maladroitement poussé, d’une arête mousse, d’un nerf balourd, – de cette reliure où se reconnaît l’habileté d’un relieur ainsi que l’habileté d’un potier dans une porcelaine blanche non décorée. Nul relieur n’a, comme lui, l’art d’écraser une peau, et de faire de sa surface polie la glace fauve qu’il obtient dans le brun d’un maroquin La Vallière ; nul, comme lui, n’a le secret de ces petits nerfs aigus, qu’il détache sur le dos minuscule des mignonnes et suprêmement élégantes plaquettes que lui seul a faites. Lortic est encore sans pair et sans égal pour jeter des fleurs de lis sur le plat d’une reliure, et la reliure de mon Histoire de Marie-Antoinette, où sur le semis d’or ressaute, dans le maroquin rouge, le profil d’argent d’une médaille de la Dauphine, est une reliure qui peut tenir à côté des plus parfaits ouvrages des relieurs anciens. »


Bibliographie :
   - Hauser (Henri), Les sources de l'histoire de France. XVIe siècle (1494-1610), n° 1563.
   - Vicaire (Georges), Manuel de l'amateur de livres du XIXe siècle, t. I, col. 153-154.
   - Drujon (Fernand), Catalogue des ouvrages écrits et dessins de toute nature poursuivis, supprimés ou condamnés : depuis le 21 octobre 1814 jusqu'au 31 juillet 1877, p. 196.
   - Goncourt (Edmond de), La maison d'un artiste, t. I, p. 348.



Les deux volumes : 750 euros (code de commande : 25645).


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2 commentaires:

  1. Ouvrages magnifiques semble-t-il. Celà me laisse rêveur !!

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    1. La qualité de la reliure et sa provenance en font effectivement un ouvrage unique, comme tous les libraires espèrent en trouver plus ou moins régulièrement !

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