mardi 3 octobre 2017

1844. Le Guersillon.



Le Guersillon.

1ere année (seule parue), soit 6 numéros (complet).

Mons, Mathieu, 1844.
[Mons. / Typographie d'Ad. Mathieu, rue de Nimy, 168. / 1844.]

In-12 demi-basane fauve, dos lisse orné de fers formant un décor romantique, 316 p. (pagination continue), 1 feuillet (sommaire des deux premiers numéros) intercalé entre les pp. 152-153.

Exemplaire en parfait état.

   Adolphe Mathieu naquit à Mons, le 22 juin 1802 (une plaque commémorative a été placée sur la façade de la maison de la rue de la Grande Triperie où eut lieu l'événement) ; il était le fils du notaire Charles-Joseph-Bernard Mathieu et de Philippine-Julie-Josèphe Senault. Passionné par la littérature, il écrivit très tôt des satires dont l'une, à la mémoire de son grand-oncle maternel le conventionnel régicide Lesage-Senault, lui valut une condamnation à une année de prison, réduite ensuite à une forte amende. Ses études de droit terminée, on tenta de l'occuper dans l'étude paternelle, en vain. Mathieu ne pensait qu'à la littérature et il faisait paraître ses œuvres dans les journaux locaux (Le Dragonl'Écho du Hainaut dont il fut le principal rédacteur). Très impliqué dans la vie culturelle montoise, il fut l'un des membres fondateurs de la Société des Sciences, des Arts et des Lettres du Hainaut et de la Société des Bibliophiles belges séant à Mons dans les publications desquelles il fit paraîtres ses œuvres littéraires et ses travaux historiques. Sa carrière littéraire se prolongea dans les journaux locaux et nationaux et en 1840, il fut nommé au poste de bibliothécaire communal. Une brouille avec les autorités locales, et particulièrement avec le bourgmestre Dominique Siraut lui fit perdre son travail et l'amena à régler ses comptes dans la revue Le Guersillon qu'il fonda spécialement pour l'occasion en 1844. Pour ce faire, il dut prendre une patente d'imprimeur car personne ne voulait publier son brûlot ! Il quitta sa ville natale pour s'établir à Bruxelles en 1852 et entra à la Bibliothèque royale où il devint conservateur en chef. Il mourut à Ixelles, le 13 juin 1876.   « Le frontispice de cette revue représente un patient subissant le supplice du guersillon, sorte de pilori dans lequel la tête et les mains du condamné sont passés au travers d'une grosse pièce de bois ; le malheureux est ceint de l'écharpe municipale, il porte l'épée, et ses traits rappellent ceux de l'infortuné bourgmestre contre qui le pamphlet était principalement dirigé. »

Extrait :

   Guersillon : Collier de fer fixé à un poteau ou à un mur, et auquel on attachait, par le col et par les mains, les fraudeurs, les concussionnaires, les proxénètes, les Jacques Ferrand, les Robert-Macaire, les étrangers sans aveu, les filles d'une vie lubrique (pour employer le langage du temps), les vagabonds, etc.
   Les patients portaient sur la poitrine un écriteau indiquant le délit qu'ils avaient commis.
   C'est encore un de ces mille mots qu'on pourrait recommander à M. Hécart pour la prochaine édition de son dictionnaire rouchi-français.
   Roquefort écrit Gresillon, et lui donne cette signification : menottesliensattachesfers que l'on met aux mains des criminels : « Henry de Malhetet fut mené par le bourreau, les grésillons es mains et les fers es pieds. » (Mémoires de Paris, an 1544.)
   Deux guersillons existaient ci-devant à Mons à front de l'Hôtel-de-ville ; ils étaient fixés parallèlement sur une porte figurée, à l'endroit où se trouve aujourd'hui l'entrée du bureau de la Permanence, anciennement la Salle des Pousse-culs ou des Saquiaux (comme on nommait alors les municipaux, les valets ou aides de police, les sergents de ville, etc....) Cette porte, en bois, à la hauteur des fenêtres, reposait sur un soubassement en pierre terminé par deux marches, dont la seconde, à partir du sol, supportait le siège des suppliciés.
   Tout porte à croire que ces guersillons dataient de la reconstruction de l'Hôtel-de-Ville, puisqu'ils figurent au plan formé en 1717 pour l'érection du dôme de cet édifice.
   C'est là qu'a été élevé, du vivant de M. Siraut père, le terrible banc de sable où ont été juridiquement assassinés le dominicain Richard, les malheureux paysans d'Anderlues et notre inoffensif compatriote M. Delneufcourt ; c'est là que trônent aujourd'hui, sur leurs chaises curales, le commissaire, les commissaires adjoints et les agents de police, sous la direction immédiate du commissaire royal premier magistrat de la cité.


Bibliographie :
   - De Le Court (Jules-Victor), Dictionnaire des anonymes et pseudonymes, 507, p. 456.
   - Wauters (Alphonse), Mathieu (Adolphe), dans Biographie nationale, t. XIV, col. 33-44.



Vendu.

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