mardi 24 octobre 2017

1848. LAVILLE (Laurent) - Nouvelle République.


LAVILLE (Laurent).

Nouvelle République. Suivie de Considérations sur Napoléon Bonaparte ; Par Laurent Laville cultivateur à Gaillac (Tarn).

Paris, Bonaventure et Ducessois, 1848.
[Paris / Imprimerie Bonaventure et Ducessois, / 55, quai des Grands-Augustins, 55. / 1848.]
[La couverture porte la mention des éditions Garnier].

In-8° broché, VIII, 140 p., bon exemplaire de ce très rare ouvrage, malgré une couverture légèrement défraîchie.

   Il ne nous a pas été possible de trouver des informations biographiques sur Laurent Laville. Son rare ouvrage lui donne une place parmi les utopistes, dans l’Avis il écrit :
   Composé depuis quelque temps, ce petit ouvrage av cv ait été laissé plusieurs années dans l'oubli ; des amis, auxquels je l'ai fait voir, m'ont conseillé de le soumettre au public. On y trouvera sans doute des incorrections, mais il suffit que ma pensée soit comprise ; je ne me donne point pour un écrivain bien au courant des règles de l'art.
   J'ai fait prendre naissance à ma Nouvelle République dans la Turquie, pays qui n'en a guère idée ; j'ai fait conquérir aux républicains turcs plusieurs nations qui n'en ont pas entendu parler ; mais, si le cadre est bon, il importe peu que tout y soit supposé.
   J'admets une taxe aux fortunes, et sur cela quelques-uns pourraient me dire communiste, ce mot étant assez à la mode aujourd'hui. Cependant, je prétends, tout au contraire, que le communisme ne saurait exister, car il supposerait dans les hommes plus de vertu qu'ils ne peuvent en avoir. Si l'homme a besoin d'un frein pour contraindre un accaparement déréglé et préjudiciable à la société, il a aussi besoin de quelque chose qui l'excite et l'encourage dans toutes les productions utiles. Une constitution qui n'aurait d'autre excitant que le travail dans un but commun est trop au-dessus des forces humaines. Il faudrait une vertu héroïque dont la trop grande partie des hommes n'est pas capable. Un excitant est donc nécessaire pour donner à l'homme de l'énergie, et pour lui faire prendre goût et plaisir au travail ; cet excitant se trouve dans la propriété : celui qui fait bien fructifier son champ, ou qui travaille à quelque autre production utile, travaille aussi pour la société, et le bien général dérive ainsi d'un travail qui semble n'avoir pour but que le bien particulier.
   Je ne chercherai pas à justifier mon ouvrage par des discours qui n'en changeraient pas la nature ; d'ailleurs je ne l'ai pas écrit pour ceux qui aiment à mordre. En équivoquant sur toutes choses on peut faire dériver le bien et le mal d'où l'on veut, et les sens détournés sont faciles à trouver. Ce n'est donc pas à des critiques prévenus que j'adresse mon livre, mais seulement aux francs républicains, c'est-à-dire à ceux qui comprennent, sentent et pratiquent la fraternité ; c'est aux hommes pénétrés de ce contraste exorbitant qui laisse les uns sans pain et couverts de misérables haillons, tandis que les vaines somptuosités des autres suffiraient pour nourrir grassement un grand nombre de malheureux ; c'est à ceux qui conçoivent que, sans un rapprochement dans ces deux extrêmes, il n'y aura jamais de véritable fraternité.
   Mais, dira-t-on, l'économie, le labeur, l'industrie, mènent à une fortune justement acquise ; sans doute, et une noble aisance doit être le prix de la vertu, tandis que le fainéant, le débauché, le libertin, méritent de croupir dans la misère, suite inévitable de leurs vices. Cependant, la fortune, même justement acquise, devient vice quand elle est outrée ; elle a besoin d'un frein pour ne pas devenir trop pesante en s'accumulant. Il faut que les vicieux, s'ils s'animent d'une noble émulation pour sortir de l'ordure du vice, trouvent quelque élan pour se réhabiliter, et que les enfants vertueux et laborieux aient la facilité de sortir de la boue où les auraient précipités leurs pères : cette facilité se trouvera dans l'absence des grandes et inutiles somptuosités.
   Quelques-uns, j'en suis très-persuadé, rejetteront mes principes, non pas ceux qui aiment véritablement leurs frères, mais ceux qui trouveraient un grand mal à ne pas dépenser vingt, trente, cent mille francs, etc., tandis que l'aspect d'un nombre infini de misérables manquant de tout leur semble fort naturel.
   Si, dans cette ébauche, je n'ai pas réuni les éléments de l'union, de la fraternité, et par conséquent de l'amélioration sociale, que d'autres plus éclairés et plus capables que moi y travaillent ; qu'ils cherchent et trouvent le véritable but. Personne plus que moi n'applaudira des découvertes destinées à donner des bases inébranlables aux principes de la justice et au bonheur de l'humanité.


Bibliographie :
   Lorenz, Catalogue général de la librairie française, t. III, p. 184.



75 euros (code de commande : 26047).


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