vendredi 1 décembre 2017

1702. Plan de Charleroy (siège de 1693).


Plan de Charleroy. Avec les attaques commencées 1e 16 Septembre 1693 et poussees jusqu'au... d'Octobre de la même Année que la Place se rendit.

Gravure collée sur une feuille de papier fort, rare.

  Carte extraite de Les Forces de l'Europe, Asie, Afrique et Amerique, ou description des principales villes, avec leurs fortifications : Dessignées par les meilleurs ingenieurs, particulierement celles qui sont sous la domination de la France, dont les plans ont esté levez par Monsieur de Vauban, avec la description de tous les instrumens servans à la fortification, à l'attaque & deffense des places, ensemble ceux qui servent pour l'artillerie, des magasins ; la maniere de dresser un camp devant une ville assiegée, &c. Et ornées de plusieurs superbes edifices. Necessaire pour toutes sortes de personnes, publié à Amsterdam, chez Pierre Mortier, vers 1702. La plupart des gravures contenues dans ce recueil sont des copies de celles publiées dans les recueils Les forces de l'Europe et Le théâtre de la guerre que Nicolas de Fer fit éditer à Paris en 1693-1697.

Dimensions :
   - Image : 286 x 234 mm.
   - Cuvette : 294 x 239 mm.
   - Feuille : 341 x 289 mm.
   - Collé sur une feuille de 425 x 360 mm.


Relation du siège de 1693 par Jean Godet :
    Vainqueur à Neerwinden le 29 juillet 1693, le maréchal duc de Luxembourg, se présente devant Charleroi le 10 septembre suivant. Placés sous les ordres du marquis del Castillo de Villadurias, 4.500 Espagnols vont défendre la place.
   Les troupes françaises d'investissement sont fortes de 30 bataillons et de 32 escadrons dont Messieurs de Guiscard et de Ximénès, principaux sous-ordres du maréchal, se partagent le commandement. À l'illustre Vauban est confiée la direction des travaux du siège. Le 15 septembre, les assiégeants ouvrent la tranchée.
   Sous les hauteurs de la Garenne, les Espagnols occupent deux postes fortifiés. Dès la prise de ces postes par les Gardes françaises, les pionniers commencent à creuser deux attaques. Ces tranchées en zig-zag doivent se rejoindre « contre la partie de la place » devant laquelle se trouve un étang qui couvre en partie la ville. Tirant leur nom du côté d'où elles viennent, l'une des attaques est dite de Dampremy, l'autre de la Garenne.
   Le 16, alors que les assiégés font une sortie, cinquante carabiniers et trois compagnies de grenadiers français « prennent l'épouvante ». Il faut qu'avec d'autres troupes interviennent Messieurs de Vigny et de Sainte-Hermine pour que les Espagnols se replient et rentrent dans la ville.
   Arrivée de Mons, ou par eau de Maubeuge et Namur, l'artillerie du siège compte 210 bouches à feu, canons ou mortiers. Parmi les canons – il y en a 149 – on en dénombre 12 de « nouvelle invention ». Le 17, le feu de quelques pièces prélude au bombardement intensif de la place.
   Le 24, sur l'ordre de Monsieur de Pontis, capitaine des Vaisseaux du Roi, six petits chalands « ramassés sur la Sambre » et amenés par chariot sont mis à l'eau « à la queue de l'étang ». Des soldats s'activent à les transformer en radeaux. Ils les attachent deux par deux, côte à côte, et terminent l'opération en posant sur chaque couple une plate-forme en planches. Commandés par deux capitaines des galiotes, 20 hommes embarquent sur chacun des radeaux. Soutenue par le tir de deux petites batteries d'artillerie et par celui de 300 fusiliers postés sur la rive, la flottille, propulsée à la rame, vogue hardiment vers la redoute de l'étang.
   Ayant perdu 33 des leurs depuis le début du siège, les défenseurs du poste lacustre ne sont plus que 17. Complètement découragés en voyant s'avancer vers eux « l'escadre ennemie », ils ne tirent même pas quelques coups de feu pour sauver l'honneur mais hissent en hâte le drapeau blanc.
   Le 26 septembre « vers les deux heures du soir », l'artillerie française tire 5 salves de 14 petites bombes. À ce signal, huit compagnies de grenadiers sortent des tranchées et marchent en silence à l'attaque de la redoute de Dampremy. Bondissant dans le chemin couvert, les assaillants trouvent les défenseurs « sur le ventre ». Sans s'attarder à faire des prisonniers, les grenadiers s'élancent à l'assaut de la redoute qu'ils emportent au cri de « Vive le Roi ».
   Après la prise de la redoute de Dampremy, Monsieur de Vauban fait activer les travaux d'approche. On lit dans l'Histoire militaire de Flandre, que dans l'après-midi du 4 octobre « on voulut se faire un passage sur le bord de l'étang afin que les deux attaques puissent se communiquer ». Douze compagnies de grenadiers français délogent un détachement espagnol retranché derrière de petits parapets, mais les vainqueurs sont eux-mêmes attaqués par d'autres Espagnols sortis d'un ouvrage à corne. Après avoir déchargé leur mousquet et fait exploser trois mines sous les pieds de l'ennemi, les assiégés se replient quelque peu en désordre.
   Plusieurs brèches ayant été faites dans les défenses de la place et l'artillerie ennemie se préparant à les agrandir, les assiégés capitulèrent le 11 octobre. Réduite à 1.500 hommes, la garnison obtint les honneurs de la guerre. Avec quatre canons et un mortier, elle sortit le 13 de la forteresse.
   Pour assiéger Charleroi, les Français avaient une dotation de 96.921 boulets, dont 66.814 furent lancés sur la place. En outre, sur une réserve de 16.919 bombes et 19.000 grenades, ils en utilisèrent respectivement 11.389 et 6.000.
   Grâce à l'extraordinaire énergie du marquis del Castello de Villadurias, les Espagnols firent des prodiges de valeur ; il n'y eut que de rares défaillances. Le colonel Sir James Carmichael-Smyth (9) écrit d'ailleurs que « la défense fut très belle et très remarquable ».
   Après le départ de la garnison vaincue, trois bataillons français prirent possession de Charleroi. C'est aussi dans cette localité ruinée que s'installa le duc de Villeroi chargé de faire boucher les brèches et combler les tranchées.


Bibliographie :
   - Godet (Jean), Hainaut, terre de batailles, t. I, pp. 134-136.


80 euros (code de commande : 26180).


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