mardi 2 janvier 2018

1950. LAURENT-TAILHADE (Marie-Louise) - Les nuits du XVIIIe siècle.


LAURENT-TAILHADE (Marie-Louise).

Les nuits du XVIIIe siècle.

Illustrations de Sigros.

Paris, Éditions de l'Ibis, 1950.

In-8° demi-chagrin bordeaux à coins, dos à 4 nerfs orné de filets et d'un fleuron dorés, couverture conservée, reliure un peu frottée, 199 p., 16 illustrations en couleurs hors texte, exemplaire numéroté sur vélin (n° 1057).

Introduction :
    Il appartenait à ce charmant et pervers XVIIIe siècle, et particulièrement à la Régence, de raffiner sur tous les modes de luxure pratiqués dans la Rome des Césars. L'orgie latine a connu toutes les formes du baiser, elle en a tiré toute la somme de jouissances qu'elles pouvaient rendre. L'orgie des roués et des grands seigneurs du XVIIe siècle a mené la ronde des mêmes débauches, des mêmes inversions, poussant jusqu'au meurtre la fureur de sa dépravation.
   Comme Lesbos, comme la Rome impériale, le Paris du XVIIIe siècle eut ses tribades, ses arracheurs de palissades, et les vices les plus bizarres, les plus étranges fantaisies dans la luxure, fraternisaient à cette époque où, au dire de quelques mémorialistes, ceux qui ne l'ont point connue n'ont pas connu la joie de vivre.
   C'est par une chose singulière, disent les Goncourt, que toutes les femmes de cette époque s'élèvent avec leurs aventures. De la prostitution elles dégagent la grande galanterie du siècle. Elles apportent une élégance à la débauche, parent le vice d'une sorte de grandeur et retrouvent dans le scandale comme une gloire et comme une grâce de la courtisane antique. Venues de la rue, ces créatures, tout à coup radieuses, adorées, semblent couronner le libertinage et l'immoralité du temps. En haut du siècle, elles représentent la fortune du plaisir. Elles ont la fascination de toutes les prodigalités, de toutes les joies.
   Elles touchent aux lettres, elles s'entourent d'artistes. Des écrivains leur doivent leur premier amour, des poètes leur apportent leur dernier soupir. À leurs soupers, aux soupers des Dervieux, de Sophie Arnould, de Julie Talma, de Guimard, les philosophes se pressent, apportant le rêve de leurs idées, buvant à l'avenir devant la volupté. Pour communier avec elle, les femmes ont affranchi l'amour de toutes ses règles, rejeté comme infamant tout voile d'hypocrisie. Elles ont aimé la volupté, dans toutes ses manifestations, et n'ont pas rougi d'attarder leur regard sur la beauté naissante d'une jeune vierge, pas plus que sur la promesse en fleur d'un bel adolescent, ne voulant pas, comme le poète : Aux choses de l'amour mêler l'honnêteté.




















Vendu.



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