vendredi 5 janvier 2018

LA TOUR (Claude-Pierre Roussel de) - La Richesse de l'État.


[LA TOUR (Claude-Pierre Roussel de)]

La Richesse de l'État.

S.l.n.d. In-8° demi-veau d'époque, dos lisse, titre à la plume sur une pièce de parchemin, reliure frottée présentant des déchirures, 31, [1 bl.] p.

Relié avec :


La taille réelle. Lettre d'un avocat de Paris à un de ses Confreres en Province, contenant des Réflexions sur l'Écrit qui a pour Titre, Richesses de l'Etat.


S.l.n.d. 38, [2 bl.] p.

Extrait de La Richesse de l'État :
   « Chacun doit au bien public de tribut de ses réflexions. D'autres ont fait des volumes sur l'économie des Finances, sur la Population, sur le Commerce. On y trouve des observations judicieuses, des critiques justes, des principes excellens, une théorie admirable. Mais veut-on réduire en pratique ces différens systêmes ? Les opérations de détail qu'ils indiquent sont immenses ; elles exigeroient un travail long, un concours de volontés, une constance parfaite, une uniformité invariable dans les vues de ceux qui sont chargés de l'administration, une fidélité inviolable dans l'exécution ; en un mot, une réforme préalable de l'Humanité, & un remède aux vicissitudes. Lorsqu'on a pesé & combiné tous ces systêmes, & que l'on a reconnu qu'un siècle suffiroit à peine pour les exécuter dans toute leur étendue, on s'apperçoit qu'ils ne peuvent remédier à un mal pressant ; & l'on est tenté de regarder le mal comme désespéré & sans remède. C'est aller trop loin : mais au moins faut-il chercher le remède ailleurs que dans des économies de détail
   C'est ce qu'on va essayer de faire. On entreprend de prouver qu'il est un remède prompt & efficace ; qu'il est possible de subvenir aux besoins de l'État, de satisfaire à ses engagemens, de pourvoir au présent, au passé, à l'avenir, par une opération simple, dont l'effet seroit en même temps & d'enrichir le Roi & de soulager les Peuples. Cette annonce a-t-elle quelque réalité ? C'est ce que chacun pourra connoître par l'exposé que l'on va faire du plan & des moyens de l'exécuter. »


Extrait de la correspondance de Grimm :

   « Une feuille intitulée Richesse de l'État, et répandue dans le public la veille du lit de justice que le roi a tenu pour les nouveaux arrangemens de finances, a occupé tous les esprits depuis un mois. L'auteur de cette feuille est M. Roussel, conseiller au Parlement. Son projet consiste dans l'établissement d'une capitation, seul et unique impôt substitué à tous les autres. Sur seize millions d'habitans dont M. Roussel suppose la France peuplée, il en choisit deux millions qu'il suppose être en état de supporter un impôt quelconque ; partageant ensuite ces deux millions en vingt classes différentes, il n'exige de la première et de la plus pauvre qu'une taxe annuelle de trois livres, et augmentant ainsi la taxe de classe en classe, il arrive à la vingtième et dernière, dont il fixe la capitation à sept cent trente livres. Cette somme serait le plus fort impôt auquel un sujet du roi pourrait être taxé, et cependant cette seule imposition donnerait un produit de plus de six cent quatre-vingt-dix-huit millions par an...... Rien n'est plus spécieux au premier coup d'œil, aussi rien ne peut être comparé à l'engouement des premiers jours pour le projet de M. Roussel. Le peuple se voyait, moyennant trois livres, débarrassé de tout impôt, et les gens riches se délivraient de toute charge moyennant trente louis : c'était le retour du siècle d'or. »



Extrait de la Lettre d'un avocat de Paris :
   « J'ay vû des premiers, Monsieur, le Projet qui a pour Titre, Richesses de l'État, je ne puis qu'applaudir aux vûës patriotiques de l'Auteur, mais je n'approuve pas la répartition qu'il fait d'une Imposition, en forme de Capitation, qui imposées arbitrairement, seroit avantageuse aux uns, & très-onéreuse à d'autres ; j'adopterois cependant son Plan, s'il pouvoit s'exécuter sans commettre des injustices, même involontaires, de la part de ceux qui seroient préposés à l'estimation de la Fortune de chaque Particulier. »
   L'auteur conclut : « Tout bien combiné, nous concourons, cet estimable Citoyen & moi, au même but, mais par des routes differentes, puisque cet auteur propose de faire contribuër généralement tous les Sujets du Roy aux Charges de l'Etat, & moi de n'y assûjettir que les seuls Capitalistes. »


Bibliographie :
   - Grimm (Friedrich Melchior Freiherr von) et Diderot (Denis), Correspondance littéraire, philosophique et critique de Grimm et de Diderot, pp. 267-268.
   - Vercruysse (Jeroom), Homme aux quarante écus (L'), dans Dictionnaire de Voltaire, pp. 108-109.


60 euros (code de commande : 26342).


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